La chaleur accablante gagne l’ensemble du Québec

Les Montréalais ont tenté d’échapper à la vague de chaleur, et même d’en profiter jusqu’à un certain point, à la place des Festivals lundi.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les Montréalais ont tenté d’échapper à la vague de chaleur, et même d’en profiter jusqu’à un certain point, à la place des Festivals lundi.

Comme prévu, les températures élevées combinées à une très forte humidité ont sévi lundi et sont là pour rester au Québec jusqu’à la fin de la semaine. Urgences-santé, qui a élevé son niveau d’alerte, appelle la population souffrant de la chaleur à être patiente et à communiquer avec une infirmière d’Info-Santé (au 811) si la vie d’une personne n’est pas menacée.

« On reçoit présentement un volume très élevé d’appels. Depuis ce matin, on est sur le plus haut niveau d’alerte », a affirmé lundi après-midi Benoit Garneau d’Urgences-santé au Devoir.

Dimanche, ce sont 200 appels de plus qu’en temps normal qu’a reçus le service de soins d’urgence. « Aujourd’hui [lundi], la tendance est à la hausse. On présume que c’est la canicule. »

En raison de l’épisode de chaleur accablante, Urgences-santé, qui couvre le territoire de Montréal et de Laval, a déployé un plan de mesures d’urgence, qui prévoit plus d’effectifs ambulanciers et de répartiteurs.

La Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM) est quant à elle intervenue une dizaine de fois depuis vendredi pour des malaises directement liés à la chaleur, en plus de recevoir plusieurs appels avec un lien possible avec la température, a indiqué Alexandre Barbeau, relationniste de la CETAM.

Plusieurs des appels provenant de personnes incommodées par la chaleur accablante ne nécessitent pas de transport par ambulance, a soulevé M. Garneau. « On veut dire à la population d’appeler le 911 si la vie d’une personne est en danger, et sinon de contacter une infirmière par le 811. On a besoin de la collaboration de la population. »

Urgences-santé a ainsi rappelé les conseils de base pour éviter d’être incommodé par la chaleur, notamment : éviter de s’exposer au soleil, bien s’hydrater, utiliser des serviettes d’eau froide au besoin et rester dans un endroit climatisé quelques heures par jour.

Photo: Valerian Mazataud Le Devoir Il faisait 35 °C lundi à Montréal vers 17 h, avec un facteur humidex de 45.

Un record à Montréal

Il faisait 35 °C lundi à Montréal vers 17 h, avec un facteur humidex de 45. Il s’agit d’un nouveau record dans la région, avec un degré de plus que la précédente marque établie en 1963.

Frédérique, une employée à l’accueil du Festival international de jazz de Montréal, n’avait pas l’impression que la chaleur a freiné l’enthousiasme des festivaliers. « Le public grossit de jour en jour », fait-elle remarquer. Le Festival a mis en place des mesures pour atténuer les effets de la chaleur pour les visiteurs, décrit la relationniste Jessica Alcide, comme la création de zones d’ombre, l’installation de brumisateurs et l’ajout de vendeurs d’eau.

Les températures de plus de 30 °C étaient aussi bien établies depuis dimanche dans « l’extrême sud-ouest » du Québec (comprenant l’Outaouais, les Laurentides, Lanaudière, l’Estrie, la Montérégie et Laval), a indiqué au Devoir le météorologue d’Environnement Canada René Héroux.

Même les régions de l’est de la province — de Québec jusqu’aux portes de la Gaspésie, en passant par le Saguenay et le Lac-Saint-Jean — ont été touchées lundi. À Rivière-du-Loup, le mercure a grimpé au-delà de 30 °C avec un humidex de 40 ; idem pour Rimouski. « C’est très rare pour eux », a souligné M. Héroux.

C’est le niveau élevé d’humidité de cette vague de chaleur qui retient l’attention, a dit le météorologue. « Ce n’est pas anormal qu’il fasse chaud au Québec. Mais un humidex de 45, c’est dans le tapis. »

La chaleur accablante persistera jusqu’à jeudi (inclusivement) dans l’extrême sud-ouest du Québec.

Quelques braves fréquentaient, lundi,les jeux d’eau au parc Toussaint-Louverture, dans l’arrondissement de Ville-Marie.

« Cette semaine, on avait prévu des activités comme des jeux avec de la course, mais on a changé nos plans pour des jeux d’eau et des activités aquatiques », a raconté Camélia, monitrice au camp de jour Milton-Parc. C’est à environ dix minutes de marche des installations du camp de jour qu’elle et sa collègue Sunni ont trouvé une source fraîche pour les petits.

« On a des réserves d’eau et les patrons nous ont donné des vaporisateurs pour éviter que les enfants subissent un coup de chaleur. »

Lieux publics climatisés

Un lien sur le site Web de la Ville de Montréal permet de visualiser sur des cartes les lieux publics climatisés et les lieux de rafraîchissement. Il demeure important de vérifier les heures d’ouverture de ces endroits avant de se déplacer, comme l’a constaté Le Devoir.

Par exemple, l’horaire d’été des bains libres à la piscine intérieure du cégep du Vieux Montréal, listée comme lieu de rafraîchissement par la Ville, ne commence que le 10 juillet.

Au YMCA Centre-Ville, la piscine intérieure était ouverte selon un horaire modifié en raison du jour férié. Daisy, au service à la clientèle, n’a pas remarqué un achalandage plus grand qu’à l’habitude en cette journée de canicule.

« Peut-être en raison des vacances », a-t-elle avancé. En plus de la piscine, les aires publiques — et climatisées — du centre sportif sont accessibles à la population, a précisé l’employée.

Avec La Presse canadienne