14$ l'heure pour les conseillers en cannabis

La Société québécoise du cannabis a lancé jeudi un appel de candidatures pour les futurs conseillers en succursale.
Photo: Robyn Beck Agence France-Presse La Société québécoise du cannabis a lancé jeudi un appel de candidatures pour les futurs conseillers en succursale.

Conseiller des acheteurs de cannabis se rapproche beaucoup plus du travail des conseillers en vin de la Société des alcools du Québec (SAQ) que de celui des employés de commerce de détail, selon un expert qui s’étonne qu’on leur offre seulement 14 $ l’heure.

« L’association pour le type de produit qu’est le cannabis se fait beaucoup mieux avec quelqu’un qui vend du vin à la SAQ qu’avec quelqu’un qui travaille dans un IGA, un Costco ou un dépanneur », estime Jean-Claude Bernatchez, professeur titulaire en relation de travail à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

La Société québécoise du cannabis (SQDC) a lancé jeudi un appel de candidatures pour les futurs conseillers en succursale. La nouvelle société d’État, filiale de la SAQ, offre un salaire de base de 14 $ l’heure, soit un taux horaire bien en deçà de celui des conseillers en vin, dont le taux horaire de base est fixé à 19,58 $, selon la convention collective du Syndicat des employés de magasin et de bureau de la SAQ (SEMB-SAQ).

« Ce sont deux rôles différents, dans deux entreprises différentes », soutient Mathieu Gaudreault, porte-parole de la SAQ et de la SQDC. « Pour la SQDC, on s’est basés sur ce qui se fait dans le commerce de détail et on est certains qu’on est compétitifs et qu’on aura beaucoup de candidatures de qualité », dit-il.

Pourtant, souligne M. Bernatchez, sur le site Internet de la SQDC, il est écrit noir sur blanc qu’elle pourra compter « sur le savoir-faire et la compétence de la SAQ ». « C’est sûr que ce n’est pas le même produit, mais quand la SQDC dit elle-même dans sa publicité qu’elle va compter sur l’expertise des employés de la SAQ, ça laisse entendre qu’elle se compare elle-même à la SAQ », note M. Bernatchez.

Les futurs vendeurs de cannabis devront, tout comme ceux de la SAQ, être âgés de plus de 18 ans. Ils devront suivre une formation sur le cannabis et ses particularités.

Selon M. Gaudreault, il ne faut pas y voir de comparaison. « Ce que ça prouve, c’est que la SAQ a énormément de connaissances en matière de ventes et d’éthique de vente. C’est cette expertise-là qui va être transférée à la SQDC », fait-il valoir. D’ailleurs, les deux sociétés auront des conseils d’administration distincts, rappelle-t-il.

Le SEMB-SAQ se désole du message envoyé par la société d’État aux futurs employés. « À notre avis, ça n’a pas de sens. On demande d’avoir des formations particulières, de faire de la prévention auprès des acheteurs, ce n’est pas du tout le type d’emploi qu’on retrouve dans le commerce de détail. Ça ressemble beaucoup plus aux postes qu’on retrouve à la SAQ, alors ç’aurait dû être le même salaire », dit la présidente du syndicat, Katia Lelièvre.