Décès de l’historien Robert Lahaise, spécialiste de la Nouvelle-France

Robert Lahaise en 1976
Photo: Éditions Hurtubises Robert Lahaise en 1976

L’historien Robert Lahaise, spécialiste de l’histoire de la Nouvelle-France, est décédé. Docteur en histoire de l’Université Laval (1977), Robert Lahaise était aussi docteur en littérature de l’Université de Montréal (1984), sa thèse étant consacrée à son père, le poète Guy Delahaye, qui était le psychiatre de Nelligan.

Il a enseigné l’histoire aux collèges Mont-Saint-Louis, Saint-Laurent et Sainte-Marie avant de devenir professeur d’histoire à l’Université du Québec à Montréal en 1969. Fondateur de la collection des Cahiers du Québec, publiés à l’enseigne des Éditions Hurtubise, il a fait par ce biais connaître plus de 150 travaux consacrés à la culture québécoise par les meilleurs spécialistes, parmi lesquels on trouve l’historien Marcel Trudel, le sociologue Guy Rocher, le politologue André Bernard, le philosophe Georges Leroux. Il a beaucoup fait écrire les autres.

« À la fin des années 1960, il va produire un des premiers manuels d’histoire de la Nouvelle-France », rappelle son ancien collègue Michel Allard. Essayiste, Lahaise a tenté des synthèses sur le Québec du XIXe siècle et du début du XXe siècle, au confluent de l’histoire et de la littérature, comme dans son Histoire du Québec par sa littérature, en plusieurs volumes, Guy Delahaye et la modernité littéraire (1987), ou encore La fin du Québec traditionnel (1994). Il a aussi publié Canada-Québec : entre-ouverture au monde (2002) et Nouvelle-France English Colonies (2006), son dernier livre majeur. « Il était entier en tout. Il écrivait selon un horaire strict, toujours à la main. Et il ne se souciait pas des subventions. C’était un solitaire », résume son ancien collègue et ami.

« Je rappelle toujours d’entrée de jeu à mes étudiants à l’UQAM que les Québécois ne comptent que pour un millième de la population mondiale et que leur histoire ne couvre que quelque 300 ans des 6000 ans du monde. Mais si nous n’étudions pas notre pays, qui le fera pour nous ? » Sa maison sombre, toujours gardée par un gros berger allemand, était un véritable repaire de bibliophile, couverte d’étagères et de livres rares dans chaque pièce. « Son père avait commencé cette collection qu’il avait poursuivie. Il possédait probablement la plus importante collection privée de canadiana à Montréal. »

Né en 1935, Robert Lahaise avait pris sa retraite du Département d’histoire de l’UQAM en 1996. Il est décédé le 9 juin dernier, après avoir souffert de la maladie d’Alzheimer.