Collusion à Laval: les perquisitions n’ont pas surpris l’avocat d'affaires d’Accurso

Tony Accurso fait face à des accusations de fraude, de corruption d'un fonctionnaire, d’abus de confiance et de complot dans le cadre d’un système de partage de contrats et de ristournes au parti de Gilles Vaillancourt.
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Tony Accurso fait face à des accusations de fraude, de corruption d'un fonctionnaire, d’abus de confiance et de complot dans le cadre d’un système de partage de contrats et de ristournes au parti de Gilles Vaillancourt.

Les perquisitions de l’UPAC dans les bureaux des entreprises de Tony Accurso, en 2012, n’ont pas surpris l’avocat d'affaires de l’ex-entrepreneur en construction.

« Il y avait des rumeurs, surtout par rapport [au maire Gilles] Vaillancourt et à la gestion de son île de façon générale », a expliqué vendredi Guillaume Rochon, avocat des entreprises de M. Accurso, qui d’ailleurs travaille toujours pour l’ex-entrepreneur accusé de fraude et de corruption.

Me Rochon est le quatrième témoin de la défense à être entendu au procès de M. Accurso. L’avocat se dirigeait vers les bureaux de Louisbourg et de Simard-Beaudry lorsque Jimmy Accurso, le fils aîné de Tony Accurso, l’a informé de la présence des policiers.

« Il y avait déjà un bruit de fond. [Alors,] que ça mène à des enquêtes policières, qu’il y ait des vérifications qui soient faites relativement à des contrats qui ont pu être obtenus dans ce marché-là, ça, j’ai plus ou moins été surpris », a reconnu l’avocat.

Il a toutefois souligné que, même si les perquisitions n’étaient pas « inattendues », il a été étonné du moment choisi pour les effectuer.

Le témoin a raconté avoir appris dans les médias que les perquisitions dans les bureaux de M. Accurso faisaient partie d’une série de descentes policières qui avaient lieu simultanément dans plusieurs établissements de Laval, dont l’hôtel de ville.

L’avocat, qui travaille pour M. Accurso depuis 2006, a assuré qu’il n’a jamais entendu parler du stratagème de partage de contrats sur le territoire lavallois.

« Suivant les arrestations, [ce que] j’ai toujours entendu de M. Accurso et [de son bras droit] M. Molluso, c’est une négation de ce qui s’était passé », a-t-il dit.

Ce n’est que récemment, en mars 2017, que Me Rochon a appris que Joe Molluso, un des anciens bras droits de M. Accurso, allait reconnaître sa culpabilité à des accusations liées au système de collusion à la Ville de Laval.

M. Accurso fait face à des accusations de fraude, de corruption d'un fonctionnaire, d’abus de confiance et de complot dans le cadre d’un système de partage de contrats et de ristournes au parti de M. Vaillancourt. L’ex-entrepreneur en construction a plaidé non coupable à toutes ces accusations.