Agressions sexuelles: quatre autres victimes de Bertrand Charest brisent le silence

Une illustration judiciaire montre l'ex-entraîneur de ski Bertrand Charest au palais de justice de Saint-Jérôme, en 2015.
Photo: Mike McLaughlin La Presse canadienne Une illustration judiciaire montre l'ex-entraîneur de ski Bertrand Charest au palais de justice de Saint-Jérôme, en 2015.

D’autres skieuses ayant porté plainte contre l’ex-entraîneur Bertrand Charest ont brisé le silence. Au lendemain de la sortie publique d’un premier groupe de quatre anciennes athlètes, quatre autres femmes ont décidé de lever le voile sur leur identité mardi.

Les anciennes skieuses Émilie Cousineau, Katie Bertram, Allison Forsyth et Gillian McFetridge ont emboîté le pas à Geneviève Simard, Gail Kelly, Amélie-Frédérique Gagnon et Anna Prchal en sortant elles aussi de l’anonymat.

« [Les victimes], sous la responsabilité de Bertrand Charest au moment des faits, sont aujourd’hui convaincues que c’est en partageant leur triste expérience avec le public qu’elles pourront faire progresser la cause […] et permettre d’éviter qu’il n’arrive à d’autres ce qui leur est arrivé », explique la requête déposée mardi au palais de justice de Montréal.

Bertrand Charest a été condamné à 12 ans de prison en décembre dernier, reconnu coupable de 37 chefs d’accusation de crimes sexuels sur neuf adolescentes et jeunes femmes.

« Bertrand Charest était mon entraîneur de ski et m’a agressée sexuellement en 1996 et 1998, j’avais 16 ans au début de ses abus », explique l’ancienne skieuse Émilie Cousineau.

Bien que Bertrand Charest ait été acquitté des chefs d’accusation relatifs à trois des quatre demanderesses, celles-ci sont tout de même protégées par l’ordonnance de non-publication, a précisé leur avocate, Me Julie Girard.

« Même s’il n’a pas été déclaré coupable des accusations par rapport à moi […] je ressens maintenant le besoin de révéler mon identité », explique Katie Bertram, qui avait porté plainte contre son ancien entraîneur.

Prendre parole

Une ancienne skieuse raconte avoir été inspirée par le mouvement de dénonciation #MoiAussi, qui a déferlé en octobre dernier. « Au cours de la dernière année, entendre toutes les histoires du mouvement #MoiAussi m’a aidé. Je crois que chaque voix compte », explique dans une déclaration assermentée Gillian McFetridge, qui a été l’élève de Bertrand Charest en 1996 et 1997.

L’athlète Allison Forsyth veut aussi prendre la parole publiquement pour faire changer les pratiques dans le milieu sportif.

« Je veux être une des voix qui vont faire changer les choses », souligne-t-elle, précisant que cette prise de parole constitue aussi une façon de poursuivre son chemin vers la guérison.

Lundi, les skieuses Geneviève Simard, Gail Kelly, Amélie-Frédérique Gagnon et Anna Prchal sont sorties de l’anonymat. Le quatuor a notamment réclamé que les gouvernements fédéral et provinciaux imposent une série de mesures pour protéger les athlètes à travers le pays.

« Sans aucune considération, je ne laisserais mes enfants être sur une équipe provinciale ou nationale avec l’encadrement actuel. Il y a urgence de mettre en place des lois pour que mes enfants et vos enfants soient en sécurité », a notamment déclaré l’ancienne skieuse Gail Kelly, aujourd’hui mère de trois enfants.