L’UPAC publie son bilan annuel sur fond de crise

Le grand patron de l’Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le grand patron de l’Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière

Au terme d’une année marquée par une série de crises, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) rend public ce jeudi son bilan annuel, un document de six pages dans lequel on ne retrouve aucune mention des difficultés vécues.

On y apprend que l’UPAC a accusé quatorze personnes et une entreprise en vertu du Code criminel en 2017. Huit d’entre elles seraient liées à un système de partage de contrats publics de la Ville de Montréal et ont été arrêtés dans le cadre du projet Fronde, dont Frank Zampino et Bernard Trépanier.

Par ailleurs, 14 dossiers d’enquête ont été portés à l’étude au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et autres poursuivants publics, 77 enquêtes criminelles et 24 enquêtes pénales sont actives et 40 enquêtes se trouvent devant les tribunaux.

Dénonciations à la hausse

« Je reconnais que certaines de nos enquêtes sont longues, mais la rigueur que nous y mettons permet d’obtenir des condamnations, des peines d’emprisonnement, des blocages et des saisies d’actifs ainsi que des amendes financières qui sont retournées dans les coffres de l’État », déclare le grand patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, dans le communiqué de presse envoyé aux médias mercredi.

Les dénonciations d’actes répréhensibles par des citoyens ont augmenté en 2017, passant de 660 à 780 en l’espace d’un an.

« Quand les citoyens appellent l’UPAC pour dénoncer des situations où l’intégrité publique est mise en cause, c’est qu’ils ont confiancedans le travail de nos enquêteurs », a soutenu M. Lafrenière.

Une année difficile

Pourtant, la confiance envers l’UPAC a été sérieusement ébranlée en 2017. Pas plus tard que la semaine dernière, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a demandé des comptes à M. Lafrenière au sujet du climat de travail délétère au sein du corps de police.

Au début de décembre, le numéro 2 de l’UPAC, Marcel Forget, a démissionné dans la tourmente après qu’il fut révélé qu’il aurait vendu des actions sans permis de courtier dans les années 1990 et 2000. Le même jour, le ministre Coiteux a cédé aux pressions en s’engageant à mettre sur pied un comité de surveillance des activités de l’UPAC.

Fin octobre, le député libéral Guy Ouellette a été arrêté, puis relâché par l’UPAC sans qu’aucune accusation soit portée contre lui.

L’opération qui a mené à son arrestation concerne « le vol et la diffusion illégale » de documents policiers, vraisemblablement liés à l’enquête Mâchurer sur le financement politique et l’octroi de contrats publics, qui s’intéresse notamment à l’ex-premier ministre du Québec Jean Charest et à l’ex-argentier libéral Marc Bibeau.

Rappelons que des documents internes au sujet de cette enquête avaient été publiés par les médias de Québecor en avril dernier. Depuis, l’indépendance de Robert Lafrenière est mise en doute par les partis d’opposition.

Le premier ministre Philippe Couillard et M. Coiteux ont réitéré leur confiance envers le grand patron de l’UPAC la semaine dernière.

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