La seconde action collective contre les frères de Sainte-Croix ira de l’avant

L'oratoire Saint-Joseph
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L'oratoire Saint-Joseph

La Cour d’appel du Québec a donné le feu vert, mardi, à une deuxième action collective contre la congrégation de Sainte-Croix pour les sévices sexuels commis par certains de ses frères.

La Cour d’appel a ainsi infirmé le jugement rendu en août 2015 par la Cour supérieure, qui, selon le porte-parole des victimes, aurait pu avoir « une portée catastrophique » pour les autres actions collectives de ce genre.

En entrevue avec La Presse canadienne, Sébastien Richard a également tenu à souligner que l’oratoire Saint-Joseph est cette fois inclus dans la liste des institutions mises en cause — selon lui une première pour un sanctuaire catholique de cette envergure.

La première action collective se limitait à trois institutions exploitées par les frères de Sainte-Croix, soit le Collège Notre-Dame de Montréal, le Collège Saint-Césaire, en Montérégie, et l’école Notre-Dame de Pohénégamook, dans le Bas-Saint-Laurent.

À son issue, la congrégation s’était engagée dans une entente à l'amiable à verser jusqu’à 18 millions en compensation à 206 victimes.

Une quarantaine d’autres victimes se sont manifestées après l’annonce du règlement à l’amiable, d’où cette seconde action collective qui a été élargie à d’autres établissements, dont les ancêtres des cégeps Marie-Victorin, Saint-Laurent et Maisonneuve.

M. Richard souligne que l’oratoire Saint-Joseph, qui figure au jugement aux côtés de la Province canadienne de la congrégation de Sainte-Croix, relève directement du Vatican.

« Ce serait d’autant plus gênant que le pape Benoît XVI a canonisé le frère André, fondateur de l’oratoire Saint-Joseph ! » a-t-il lancé.

Il dit espérer que l’attention médiatique incitera encore d’autres victimes à aller de l’avant et signale par ailleurs que le temps presse alors que la plupart des victimes ont un âge plutôt avancé.

« Ce sont aussi des gens qui ont gardé le silence très longtemps, trop longtemps », a-t-il déploré.

Certaines sont même décédées depuis le début de cette seconde procédure en 2013, s’est désolé M. Richard, accusant la congrégation d’avoir « tout fait» pour laisser traîner les choses.

La congrégation de Sainte-Croix a pour sa part déclaré que ses avocats prenaient connaissance du jugement et qu’elle ne se prononcerait pas sur ce dossier pour le moment « par respect pour le processus judiciaire ».