La Canadienne Homa Hoodfar a été libérée

Sur une photo diffusée par Oman News, on voit Homa Hoodfar descendre de l'avion à Oman, où l'attendait sa nièce Amanda Ghahremani.
Photo: Source Twitter / Oman News Sur une photo diffusée par Oman News, on voit Homa Hoodfar descendre de l'avion à Oman, où l'attendait sa nièce Amanda Ghahremani.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a confirmé lundi la libération de l'anthropologue canado-iranienne Homa Hoodfar, détenue depuis près de quatre mois dans la prison d'Evin, en Iran.

« Les Canadiens sont soulagés de constater que Mme Hoodfar a été libérée et qu'elle retrouvera bientôt sa famille, ses amis et ses collègues », a déclaré Justin Trudeau dans un communiqué. 

Il a rappelé que son gouvernement s'était impliqué de « façon active et constructive » dans le dossier « depuis le début » afin de libérer Mme Hoodfar. 

« En l’absence de représentation diplomatique canadienne en Iran, le Canada a travaillé en étroite coopération avec d’autres pays, notamment l’Oman, l’Italie et la Suisse, qui ont joué un rôle déterminant menant à la libération de la professeure Hoodfar, a-t-il souligné. J’aimerais exprimer ma plus profonde reconnaissance pour leur appui. » 

Les autorités iraniennes ont aussi coopéré pour faciliter la libération et le rapatriement de la professeure, a précisé le premier ministre.

La libération de Homa Hoodfar est de fait une première preuve tangible que le réchauffement des relations irano-canadiennes souhaité par le gouvernement Trudeau a des impacts positifs, a plaidé le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.

« Ils ont bien vu qu’on était sérieux dans notre volonté de rétablir les relations avec eux, même si ces relations sont l’occasion d’exposer nos désaccords profonds », a-t-il exposé en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Rappelons qu’Ottawa a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran en septembre 2012. Le gouvernement conservateur avait annoncé la fermeture immédiate de l’ambassade canadienne en Iran et l’expulsion du pays de tous les diplomates iraniens en poste au Canada.

Mme Hoodfar et sa famille recevront une aide consulaire « jusqu’à ce qu' [elle] soit revenue chez elle, saine et sauve.»

État de santé 
Dans son communiqué, le premier ministre n'a pas donné de détails sur l'état de santé de Mme Hoodfar. 

Dans un tweet d'Oman News, on voit toutefois Mme Hoodfar descendre de l'avion à Oman, où l'attendait sa nièce Amanda Ghahremani. On la voit aussi donner une entrevue à la presse locale.


L’agence de presse iranienne Fars News avait indiqué plus tôt sur son compte Twitter que la professeure avait été libérée pour des « raisons humanitaires », citant le ministère iranien des Affaires étrangères.

 


Cette libération survient en effet un mois après que la famille de la professeure retraitée de l'Université Concordia eut tiré la sonnette d’alarme au sujet de son état de santé. 

Homa Hoodfar, âgée de 65 ans, a dû être hospitalisée en juillet, avait expliqué le 30 août dernier sa nièce Amanda Ghahremani. Elle était à peine consciente et pouvait difficilement marcher et parler, d’après sa famille.

Recherches en Iran

Née en Iran, Mme Hoodfar est établie à Montréal depuis environ 30 ans, où elle a enseigné à l’Université Concordia. L’anthropologue et sociologue a mené des recherches sur les femmes musulmanes dans diverses régions du monde.

Elle s’était rendue en Iran au début février pour visiter des proches et mener des recherches archivistiques à la bibliothèque parlementaire de Téhéran, d’après sa famille. Arrêtée une première fois en mars, peu avant de quitter l’Iran, elle s’était vu interdire de sortir du pays. Elle a été arrêtée à nouveau le 6 juin et incarcérée à la prison d’Evin.

Un procureur iranien reprochait à Mme Hoodfar de « baigner dans des activités féministes ». D’après sa famille, on a déposé contre elle des accusations de propagande contre l’État et de collaboration avec des États étrangers contre la République islamique d’Iran.

«Soulagement»
Le député Amir Khadir, de Québec solidaire, qui avait participé en juillet dernier à une grève de la faim symbolique pour dénoncer la détention de Mme Hoodfar et des prisonniers politiques en Iran, a quant à lui dit que cette libération lui apportait un « grand soulagement ».

« C’est une aberration que cette citoyenne canadienne ait dû subir aussi longtemps les injonctions du régime autoritaire iranien », a-t-il cependant souligné dans un communiqué publié lundi.

« Les conditions de détention en Iran sont souvent inhumaines et ne visent qu’à humilier et à briser les individus. Lorsqu’il s’agit d’une personne ayant une autre nationalité, elle devient souvent un instrument politique pour obtenir des faveurs diplomatiques », a ajouté M. Khadir.

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