Bye bye, boss-e!

Les employés du «Devoir» se sont réunis jeudi pour souligner le départ de la rédactrice en chef. Le directeur, Bernard Descôteaux, a profité de l’occasion pour saluer l’apport immense de Josée Boileau au journal, et évoquer plusieurs souvenirs indélébiles.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les employés du «Devoir» se sont réunis jeudi pour souligner le départ de la rédactrice en chef. Le directeur, Bernard Descôteaux, a profité de l’occasion pour saluer l’apport immense de Josée Boileau au journal, et évoquer plusieurs souvenirs indélébiles.

Une page se tourne au Devoir. Les lecteurs liront dans cette édition le dernier éditorial de la rédactrice en chef Josée Boileau, qui quitte le journal après y avoir en tout temps distribué passion, rigueur et respect de la tradition de profondeur du quotidien indépendant.

« Après une première vie intense au Devoir il y a plus de vingt ans, après un retour en 2001 qui m’a conduite dans une vie professionnelle encore plus riche en devenant tour à tour éditorialiste, directrice de l’information et rédactrice en chef depuis 2009, après avoir vécu notre centenaire et contribué à la remise en selle du journal qui s’annonce maintenant, le temps est venu pour moi de céder la place… en toute sérénité », écrivait Josée Boileau sur la page Facebook du Devoir le 19 janvier dernier.

Pour nous, collègues, c’est un membre de la « famille » du Devoir qui s’en va aujourd’hui, dans cette vague de changements amorcée par le départ prochain à la retraite du directeur Bernard Descôteaux. Après avoir été reporter, Josée a été tour à tour éditorialiste, directrice de l’information et puis, depuis 2009, rédactrice en chef.

Peu importe la fonction, elle a toujours conservé cette rigueur implacable, une passion pour la nouvelle qui ne s’est jamais étiolée au fil des années, en plus d’une compréhension fine des valeurs mises en avant par Le Devoir. Ses éditoriaux, dont deux primés par le prix Judith-Jasmin de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, portent la marque de la rigueur et du courage.

Tous les midis, à la rencontre de production réunissant les chefs de division et divers cadres du journal, il fallait entendre Josée Boileau — et encore jusqu’à vendredi midi — commenter le contenu de « son » journal. Ils furent rares, les lundis matin où elle ne s’est pas extasiée avec entrain sur la matière dévorée avec délectation dans les nombreux cahiers de la fin de semaine. « Le journal était, encore une fois, fabuleux. J’ai adoré ! Et toi, Bernard [Descôteaux] ? »

C’est elle, encore cette semaine, qui a déboulé en pleine réunion de milieu de journée pour nous prévenir de la dernière nouvelle tombée sur les fils de presse et qui allait commander qu’on « tue la une » ! Marques de commerce indélébiles : l’enthousiasme, la réactivité, la promptitude à commander le changement, tous des ingrédients nécessaires pour la vie de la rédaction.

C’est Josée, toujours Josée, qui a plus d’une fois fait vivre des palpitations aux pupitreurs responsables de la mise en page finale du quotidien en décrétant, le sourcil froncé, qu’elle avait un « malaise » avec la une. « Hum… Non. J’ai un malaise. On change ça. » Les baguettes en l’air, prête à déballer une liste d’arguments pour convaincre les récalcitrants, la « rédac chef » a déjà réussi plus d’une fois à remanier toute la une en un tournemain. Ouf !

Ces changements commandés à la dernière minute, qui sont le lot d’un quotidien, étaient toujours guidés par un souci constant de rendre le journal le plus alléchant possible pour les lecteurs. « Qu’est-ce que les lecteurs attendent de nous ? » a-t-elle plus d’une fois répété, nous incitant à faire le choix d’une nouvelle plutôt qu’une autre, rectifiant la décision de publier une photo au profit d’une meilleure, proposant un nouveau titre.

Nous n’oublierons pas son rire contagieux, entendu du plus profond de la salle de rédaction et jusqu’à la toute fin de la journée vendredi ; nous nous rappellerons ses courriels de patronne signés « boss-e », les petits quiz qu’elle nous a longtemps envoyés pour nous faire rire. On se souviendra aussi de ses « Nouvelles de nous », mémos internes distribuant les petits potins internes dignes d’être racontés.

Josée, merci pour tout.

18 commentaires
  • Diane Gélinas - Abonnée 30 janvier 2016 00 h 52

    Madame, vous allez nous manquer !

    En apprenant la nouvelle officiellement, j'ai repensé à Lac Mégantic où vous aviez été particulièrement touchée par votre appartenance familiale à ces lieux si éprouvés.

    Votre leadership aura certainement favorisé une succession toute en douceur.

    Sachez que le lectorat du Devoir gardera de vous une souvenir impérissable d'une femme intelligente, articulée et dévouée.

    Bonne chance dans vos projets d'avenir !

  • Jacques Lamarche - Abonné 30 janvier 2016 02 h 49

    Tout comme à la radio ou chez Bazzo! Bravo!

    Votre plume aussi élégante que rigoureuse, tout comme votre parole vive et joyeuse, a défendu avec force mais toujours avec la plus grande dignité les valeurs les plus chères à la culture québécoise. Votre contribution aura marqué l'histoire du journal, imprimé un style, ajouté de la grâce.

    Remerciements les plus sincères!

  • Pierre Hélie - Inscrit 30 janvier 2016 06 h 34

    Bonjour Madame la rédactrice en chef...

    ...jamais je ne vous oublierai (air connu). Vous étiez pour moi l'âme de ce journal et c'est un dur coup pour moi. Je vous souhaite pour l'avenir ce que je crois que vous méritez: le mieux. En tous cas, je vous lirez où que vous écriviez (sauf peut-être La Presse!!!).

  • Hélène Gervais - Abonnée 30 janvier 2016 06 h 37

    que dire ....

    Je vous souhaite un beau séjour ailleurs, je ne sais où, et nous souhaite un 2e retour.

  • Richard Lupien - Abonné 30 janvier 2016 07 h 03

    Merci Madame Boileau,

    Nous avons toujours apprécié votre professionnalisme et cette manière peu ordinaire que vous aviez de cerner inmancablement et justement le noeud d'un problème et d'amener ainsi les lecteurs de ce journal à une plus grande réflexion.

    Merci pour vos enseignements.

    Richard Lupien
    Ormstown