Kahnawake veut de nouveau expulser les non-Mohawks

Le projet d’exclure les non-Mohawks de la réserve de Kahnawake et de condamner les mariages mixtes a vu le jour en 1981.
Photo: LHOON/CC Le projet d’exclure les non-Mohawks de la réserve de Kahnawake et de condamner les mariages mixtes a vu le jour en 1981.

Le conseil de bande de Kahnawake remet à l’ordre du jour ses ambitions de bannir de la réserve les Mohawks mariés avec des non-autochtones. Mercredi, le conseil de bande tenait une première réunion sur le sujet, à laquelle seuls les membres de la réserve dûment enregistrés étaient admis. Le conseil de bande a par ailleurs l’intention d’adopter des modification à la présente loi sur l’appartenance à la bande à la fin septembre, pour lui permettre d’appliquer sa loi.

Le débat sur le droit des non-Mohawks et de leurs familles à résider dans la réserve a refait surface il y a quelques semaines lorsque Krissy Goodleaf, une Mohawk qui vit avec un non-Mohawk, s’est fait interpeller sur le chantier de construction de sa maison.

« Un groupe de Mohawks est allé sur les lieux pour leur dire de quitter la réserve », raconte Steve Bonspiel, rédacteur en chef de l’Eastern Door, le journal de Kahnawake. M. Bonspiel, qui est un Mohawk natif de Kanesatake, a lui-même été évincé de la réunion de mardi soir, sous prétexte qu’il n’est pas un Mohawk inscrit dans le registre de la bande de Kahnawake.

Le projet d’exclure les non-Mohawks de la réserve de Kahnawake et de condamner les mariages mixtes a vu le jour en 1981. En 2003, une loi sur l’appartenance établissait qu’un Mohawk ne pouvait être membre de la bande que s’il avait au moins quatre arrière-grands-parents mohawks. Le soin d’établir le registre des membres a été confié à un conseil des aînés. « Mais certains aînés se sont mis à interpréter les règles, faisant en sorte par exemple que si un arrière-grand-parent ne s’était pas comporté comme un Mohawk, ou ne parlait pas la langue, son descendant était suspendu », raconte Steve Bonspiel.

Modifier la loi

D’ici à la fin du mois de septembre, le conseil de bande prévoit d’apporter des modifications à la loi « pour rendre possible l’entretien du registre », selon Joe Delaronde, du conseil de bande de Kahnawake.

La semaine dernière, le conseil annonçait avoir reçu une lettre d’avocats représentant trois personnes qui menaçaient d’entamer un recours légal contre lui pour avoir encouragé ou négligé de condamner le harcèlement envers les couples mixtes.

12 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 18 septembre 2014 01 h 05

    Ce n'est pas raciste

    C'est pour la pureté de la race.

  • Louis Gérard Guillotte - Abonné 18 septembre 2014 06 h 12

    Oh!boys!!

    N'y aurait-il pas en la matière odeur de ségrégation?

  • Yves Côté - Abonné 18 septembre 2014 06 h 46

    Cela se nomme...

    Cela se nomme simplement de l'épuration ethnique communautaire. La chose correspondant à une ligne de pensée raciste et mafieuse.
    C'est de l'épuration sans mort, mais de l'épuration territoiriale quand même...
    N'est-ce pas parfaitement condamnable devant les tribunaux canadiens ?
    Si oui, comment se fait-il que depuis 1981, des recours légaux n'en soient encore qu'au stade de la simple possibilité ?
    Toute autonomie politique territoriale, ce pour quoi je suis dans les communautés autochtones, doit obligatoirement se conformer aux Droits de l'Homme pour avoir une valeur reconnue.
    Ce qui me semble ici, dans cette affaire d'expulsion, être très loin de la réalité...

    • Nicole Bernier - Inscrite 18 septembre 2014 08 h 56

      M. Coté, vos propos sont violents

      Comme beaucoup de propos l’ont été quant on a

      - Attaqué les femmes qui portent le voile ou
      - Prétendu que tous les musulmans sont des terroristes en leur posant l'étiquette d'islamiste ou encore
      - Approuvé le droit de bombarder les hôpitaux et les camps de réfugiés

      Ces propos tenus par certains d’entre nous ne sont-ils pas des atteintes au respect des Droits de l'homme?

      Et, dans ces cas, ceux qui s'empressent d'attaquer les autochtones, comme un tout, sans aucune capacité de nuances, souvent ,ce sont les mêmes qui refusent de faire le lien avec une ligne de pensée basée sur le racisme ou le génocide pour protéger la pureté de la race des settlers québécois...

      En d’autres mots, la violence contre un groupe de femmes serait-elle justifiée parce qu’un vêtement devient signe d’une pensée primitive, pensée inférieure aux occidentaux athées?

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 18 septembre 2014 07 h 30

    Préserver la pureté de la race

    Les lois Mohawks découlent de la même logique raciste que celle qui a servi à la rédaction des traités et des lois anglaises qui les concernent. Les réserves indiennes du Canada ont servi de modèle à l'établissement de l'Apartheit en Afrique du Sud. Je me demande pourquoi...

    Il est à noter qu'une Mohawk qui épouse un "Blanc" sera expulsée alors qu'un Mohawk de sexe masculin qui épouse une "Blanche" sera probablement toléré en dépit des dispositions de cette loi.

    Il serait peut être temps qu'on réalise qu'être Mohawk, c'est dans le cœur et non dans les chromosomes.

    • Nicole Bernier - Inscrite 18 septembre 2014 08 h 44

      M. Martel, appliquer donc votre logique à ce qui fait un Québécois, un vrai Québécois... Les arguments entourant le débat sur la charte du PQ n'étaient-ils pas de même nature? Et, pourtant, si on critiquait les pures laines d'être raciste, nous étions traités de tous les noms...

      Ce qui est curieux, ceux qui refusaient de se faire identifier comme racistes, sont souvent les mêmes qui accusent les autochtones d'être racistes et arriérés..

    • Sylvain Auclair - Abonné 18 septembre 2014 10 h 42

      Madame Bernier,
      C'est quoi, un pure laine, déjà?

    • Nicole Bernier - Inscrite 18 septembre 2014 13 h 44

      C'est justement ce que je ne comprends pas, car pour moi, nous sommes tous des Québécois, si nous habitons le Québec et que nous avons obtenu la nationalité canadienne.... Mais, quand les débats nationalistes s'ouvrent plusieurs font des distinctions entre ceux qui ont le droit ou pas de se prononcer sur l'avenir du Québec... Et, souvent, cela réfère à la pureté de la descendance...

      C'est pourquoi je rappelais que cet article est écrit de manière à soulever certaines émotions au lieu de faire références à des débats que tous les peuples se posent: les frontières identitaires de chaque nation.

      L'auteur ne peut pas avoir un réel esprit critique car elle fait montre d'une immense ignorance de la complexité de ces enjeux (1) en relation avec le financement et 2) en relation avec les questions identitaires où chaque société établi des limites plus ou moins discriminatoires (Qui est Québécois?)

      Puis, l'auteur de cet article parle de ce problème comme s'il était totalement indépendant des règles du gouvernement fédéral lequel finance ce conseil de bande au prorata de ce qui est établi comme membres ou non de la communauté. De plus, l'auteur ne construit aucun argument empathique (capacité de faire des liens entre notre stratégie identitaire et la leur). Puis, elle utilise une situation pour justifier un argument idéologique servant à entretenir le rapport de pouvoir entre deux communautés plutôt que d'aider le lecteur à comprendre la complexité des enjeux et les conséquences rattachées à chacun des choix possibles

      Finalement, l'auteur prend un fait tiré de l'expérience autochtone pour entretenir la croyance de l'incapacité des autochtones à s'auto-gérer, ce qui déculpabilise certains qui auraient pu entrevoir le double standard de certains Québécois face au territoire divise ou indivise du Québec (demande d'une autre nation, les Atikamekw). Pas surprenant que la réaction dominante à cet article soit une critique en règle contre le ‘supposé’ racisme autochtone.

    • Simon Chamberland - Inscrit 18 septembre 2014 21 h 48

      Mme Bernier

      Quelle capacité extraordinaire vous avez pour lire dans les esprits et ainsi déduire les intentions secrète d'une journaliste. Vous avez réussi à dévoiler le complot de manipulation des esprits, complot auquel participe Caroline Montpetit.

      Bravo.

    • Nicole Bernier - Inscrite 19 septembre 2014 14 h 19

      Ne regardez pas seulement la réaction de la personne, comme moi, qui la critique, la journaliste doit aussi regarder ceux qui la félicitent ou qui entérinent son message si elle veut comprendre le sens de ce qu'elle a dit.... La personne qui écrit n'a pas le contrôle total du message, elle partage ce pouvoir avec les lecteurs et leurs interprétations. Si son message est interprété en dehors de ce qu’elle voulait dire, elle n’a qu’à changer de stratégie argumentative…

  • Renaud Longchamps - Inscrit 18 septembre 2014 11 h 53

    Cela me rappelle quelque chose...

    Quand Steve Bonspiel affirme ceci: "Mais certains aînés se sont mis à interpréter les règles, faisant en sorte par exemple que si un arrière-grand-parent ne s’était pas comporté comme un Mohawk, ou ne parlait pas la langue, son descendant était suspendu », cela ne vous rappelle pas les odieuses lois promulguées par Hitler à Nuremberg dans les années 30?

    Il faut préciser ici que l'Allemagne, encore aujourd'hui, est le seul pays au monde qui base sa citoyenneté sur le seul critère absurde du "sang", contrairement au lieu de naissance.