Lortie nie avoir sollicité des dons politiques

L’ex-chef de cabinet de Nathalie Normandeau, Bruno Lortie
Photo: CEIC L’ex-chef de cabinet de Nathalie Normandeau, Bruno Lortie

L’ex-chef de cabinet de Nathalie Normandeau, Bruno Lortie, a minimisé l’importance de son rôle dans le financement du PLQ, mardi à la commission Charbonneau.

 

« Le financement, c’était juste un ajout à mes tâches qui étaient déjà pas mal remplies », a-t-il dit, précisant qu’il n’avait « aucun plaisir à faire ça ».

 

« Moi j’ai jamais sollicité. J’ai trouvé des solliciteurs », a-t-il ajouté.

 

Sans la nommer, M. Lortie a décoché une flèche à l’ancienne ministre des Transports, Julie Boulet, en affirmant que personne ne pouvait ignorer les objectifs de financement imposés aux ministres dans le gouvernement de Jean Charest.

 

Ces objectifs sont passés graduellement de 50 000 $ à 100 000 $ par année au PLQ. Les cocktails de financement étaient courus par les mêmes personnes : les membres des grands cabinets d’avocats, de comptables, de notaires, de génie conseil et les entrepreneurs en construction. « Ces cocktails-là, c’est pas mal tous le même « pattern ». Ce sont les professions libérales qui sont là », a expliqué M. Lortie.

 

Pour atteindre ses objectifs, M. Lortie a organisé la tenue de cocktails annuels en présence de Mme Normandeau à Montréal et à Québec, en demandant l’aide de ses amis Marc-Yvan Côté, vice-président de Roche, et Christian Côté, un employé de Plania (une filiale de Dessau).

 

« Ce n’était pas pour la ministre, c’était pour le parti », a insisté M. Lortie.

 

La relation Côté — Lortie

M. Lortie a été décrit comme un personnage « abrasif » et insistant auprès des fonctionnaires du ministère des Affaires municipales. Il mettait de la pression sur les fonctionnaires pour infléchir des décisions administratives et bonifier les taux de subvention d’usines d’eaux potables pour des municipalités qui avaient retenu les services de Roche.

 

M. Lortie est un ami intime de Marc-Yvan Côté, un ancien vice-président de Roche. Ces liens ont « probablement » permis à M. Côté d’avoir une oreille plus attentive de Bruno Lortie. Son père, Maurice Lortie, a joué un rôle déterminant pour convaincre M. Côté de revenir en politique, au début des années 80.

 

Bruno Lortie a été conseiller politique de Marc-Yvan Côté pendant neuf ans dans le cabinet de Robert Bourassa. « Les familles Côté et Lortie, ce sont des familles qui sont tissées très serré », a dit M. Lortie, corroborant le témoignage de M. Côté.

 

« J’ai toujours vu Marc-Yvan comme mon grand frère », a-t-il ajouté.

 

C’est M. Côté qui a recommandé son embauche comme chef de cabinet de Nathalie Normandeau. M. Lortie a suivi la ministre tout au long de sa carrière au Tourisme (de 2003 à 2005), aux Affaires municipales (de 2005 à 2009), aux Ressources naturelles (de 2009 à 2011).

 

M. Lortie a collaboré avec l’Unité permanente anticorruption (UPAC) dans le cadre de son enquête sur le financement illégal du PLQ. Il a notamment remis aux policiers des clefs USB contenant l’agenda de Mme Normandeau.

 

Les policiers soupçonnent Mme Normandeau et M. Lortie d’avoir contourné les règles d’octroi de subventions afin d’avantager deux gros bailleurs de fonds du PLQ, Roche et Infrabec, dans le dossier de l’usine de traitement des eaux de Boisbriand.

 

Selon les déclarations de M. Lortie à l’UPAC, Mme Normandeau était « consciente » que France Michaud (vice-présidente de Roche) et Lino Zambito (patron d’Infrabec) faisaient de la sollicitation pour ses activités de financement.

 

D’autres détails suivront

4 commentaires
  • André Le Belge - Inscrit 17 juin 2014 12 h 03

    Tout le monde...

    Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil!
    Que restera-t-il de cette commission après qu'elle aura lavé plus blanc que blanc sans jamais trouver de vrais coupables?
    Allez, dormez braves gens, y a rien là....

  • Gaston Langlais - Inscrit 17 juin 2014 12 h 16

    Une victime témoignera...

    Bonjour,


    La vermine prépare le terrain afin que Notre Dame de la Pureté puisse jouer à la victime lors de son passage devant la Commission. Les victimes bénéficient ordinairement de la sympathie du public. Le fils spirituel de M. Marc-Yvan Côté dit ne pas aimer le financement. C'est comme si le Pape n'aimait pas les hosties.


    Gaston Langlais - Gaspé.

  • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 17 juin 2014 12 h 26

    On commence à avoir un portrait clair

    Les chefs de cabinets, sous le régime Charest, étaient imposés au ministres.

    Leurs provenance est toujours la même, le financement.

    Le dernier chef de cabinet de Charest , Luc Bastien, était aussi de l'entourage de Marc-Yvan Côté. Charest, rappellons le, a eu jusqu'à ce que ce soit ébruité, un salaire du PLQ, salaire dont la propreté de la provenance ne peut qu'être remise en doute.

    S'il se dessine une conclusion, c'est que nous n'avons pas eu de ministres durant cette période Charest. Que des marionettes.

    Et de ces marrionettes, plusieurs sont toujours élus...

  • François Dugal - Inscrit 17 juin 2014 16 h 03

    Enrichissons notre vocabulaire

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    Perte totale ou partielle, temporaire ou définitive, de la mémoire.