Les Rosenberg veulent faire appel

Déboutés par la Cour supérieure en décembre dernier, trois membres de la communauté hassidique de Montréal contestent la décision du tribunal. Michael Rosenberg, son fils Martin et Alex Werzberger, qui poursuivaient le blogueur Pierre Lacerte pour diffamation, se sont adressés à la Cour d’appel.

 

Dans sa décision rendue en décembre, la juge Claude Dallaire avait statué que les propos de Pierre Lacerte sur son blogue n’étaient pas diffamatoires et ne constituaient pas du harcèlement. Elle avait donc rejeté les allégations des trois hassidim qui réclamaient du blogueur 375 000 $ en dommages pour atteinte à leur réputation.

 

Un blogue qui dérange

 

Voisin d’une synagogue, Pierre Lacerte, un résidant d’Outremont, publie depuis 2007 un blogue dans lequel il dénonce ce qu’il considère comme de la complaisance des autorités municipales à l’égard des infractions commises par les membres de la communauté juive hassidique.

 

Selon Me Julius Grey, qui représente les trois hassidim, il ne faut pas minimiser l’effet des qualificatifs utilisés par Pierre Lacerte sur Internet. Selon l’avocat, il s’agit d’insultes à caractère ethnique visant la communauté juive et qui, prises dans leur ensemble, sont discriminatoires à l’endroit de ses clients.

 

Les demandeurs estiment de plus qu’ils ne sont pas des personnalités publiques et que par conséquent, la croisade que mène contre eux M. Lacerte ne présente pas d’intérêt public.

 

Dans sa décision, la juge Dallaire avait estimé que les trois hassidim n’avaient pas réussi à démontrer qu’ils avaient subi des dommages. Mais selon les demandeurs, le stress et l’humiliation qu’ils ont éprouvés représentent des dommages moraux qui devraient donner lieu à une compensation financière.

 

Les hassidim demandent donc à la Cour d’appel d’accepter leur requête et de prononcer une injonction pour obliger Pierre Lacerte à retirer de son blogue toute référence à leurs noms de même que les photos d’eux qui y ont été publiées.

 

Rappelons que la juge Dallaire avait rejeté la poursuite des trois hommes, mais avait également rejeté celle de Pierre Lacerte qui réclamait 725 000 $, alléguant être victime d’une poursuite-bâillon.

 

Homme d’affaires, Michael Rosenberg est président de Rosdev, une entreprise internationale en immobilier, alors que son fils Martin est en le vice-président. Pour sa part, Alex Werzberger dirige une coalition d’organismes hassidiques d’Outremont.

 

Pierre Lacerte a indiqué au Devoir qu’il n’était pas surpris de la demande d’appel déposée par les trois hommes. « Et je ne serais pas surpris, si ça ne marche pas pour eux en Cour d’appel, qu’ils essaient d’aller jusqu’en Cour suprême », a-t-il ajouté.

1 commentaire
  • Michel Gélinas - Abonné 14 janvier 2014 14 h 33

    Pas un modèle de bons citoyens

    Quand on croit que respecter les lois, c'est de payer les amendes, on a une mercantile opinion de la vie civique. Et, on semble penser la même chose de la justice, en y allant de ses gros billets, à plusieurs, contre un honnête citoyen qui n'a pas leurs moyens financiers. Scandaleux!