Oxfam-Québec - «Il suffit parfois de peu pour faire beaucoup»

Pierre Vallée Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial Noël responsable

« Le plaisir d’aider, ça s’attrape » : tel est le slogan de la campagne de publicité qu’Oxfam-Québec reprend cette année dans le temps des Fêtes. Cette campagne publicitaire, dont le porte-parole est l’humoriste André Sauvé, se décline sur plusieurs supports : journaux, panneaux et annonces télévisées.

 

«Nous avons choisi de sortir cette campagne publicitaire pour le temps des Fêtes, explique Denise Byrnes, directrice générale d’Oxfam-Québec, parce que nous croyons que c’est le moment de l’année où les gens sont plus sensibles à des notions comme l’entraide et la solidarité. »

 

L’objectif de la campagne est simple. « Nous voulons inciter les gens à collaborer avec nous, peu importe la forme que cela prend. C’est selon leurs intérêts et leur capacité. On peut nous appuyer par une contribution financière ou nous épauler en devenant bénévole. »

 

Oxfam-Québec compte présentement 500 bénévoles. « Nos bénévoles contribuent de diverses façons, certains en offrant gratuitement des services professionnels, d’autres en organisant des activités qui permettent d’amasser des fonds. Notre Marche 2/3, qui deviendra cette année la Marche Monde, où on invite les jeunes du secondaire à marcher pour la solidarité, est une activité qui serait impossible sans le travail de nos bénévoles. »

 

Une façon plus marquée de collaborer avec Oxfam-Québec est celle de la coopération volontaire, où on s’engage dans une mission de coopération, généralement d’une durée de deux ans. Bon an mal an, ce sont environ 100 coopérants volontaires d’Oxfam-Québec qui sont sur le terrain. Fait à noter, il s’agit d’une spécificité québécoise. « Les autres instances d’Oxfam dans le monde n’ont pas de coopérants à l’étranger, cette façon de faire est une particularité de la culture québécoise. »

 

Les projets de coopération d’Oxfam-Québec sont organisés à la demande des partenaires locaux et selon leurs besoins. Les coopérants reçoivent une formation avant de partir et une allocation de subsistance une fois sur le terrain. « C’est loin d’un salaire québécois, mais c’est suffisant pour assurer aux coopérants de bonnes conditions de base et leur permettre de séjourner en sécurité et en bonne santé. »

 

La moyenne d’âge des coopérants est de 38 ans. « Nos coopérants proviennent de milieux très variés. Certains prennent un congé sans solde de leur employeur, d’autres mettent fin à leur emploi, quitte à s’en retrouver un à leur retour. Il y en a certains qui profitent de cette occasion pour réorienter leur vie et leur carrière. Dans certains cas, il s’agit d’un projet familial voulant faire vivre à leurs enfants l’expérience d’une autre culture. Mais il y a une constante, celle de vouloir se mobiliser et de redonner quelque chose à la société par une contribution positive. »

 

La coopération volontaire laisse aussi ses marques après le retour, puisque la majorité des coopérants conservent des liens avec les personnes et les organismes auprès desquels ils ont travaillé. « Les coopérants deviennent des personnes-ressources pour les organismes locaux qui les consulteront lorsque le besoin se fera sentir. »

 

Québec sans frontières

 

Le programme Québec sans frontières (QSF), mis en place et financé par le ministère des Relations internationales du Québec, permet à des jeunes âgés de 18 ans à 35 ans de faire un stage en coopération internationale dans un pays étranger. Oxfam-Québec offre chaque année des stages QSF.

 

Les stages ont une durée de trois mois et se font en groupes de six à douze jeunes. « Mais la préparation peut durer neuf mois. Il y a évidemment des séances de formation, mais les jeunes doivent s’engager à recueillir des fonds dans leur milieu avant de partir. Ces fonds serviront à l’organisme local qui les reçoit. De plus, à leur retour, ces jeunes agissent comme nos ambassadeurs dans leur milieu respectif en réalisant des activités de sensibilisation. » L’an dernier, Oxfam-Québec avait sur le terrain 52 stagiaires grâce au programme QSF.


Des résultats concrets

 

Cet engagement, en particulier celui des coopérants volontaires, donne-t-il des résultats qui en valent la peine ? Nul doute, dans l’esprit de Denise Byrnes. « L’un des problèmes de santé présents dans certains pays africains est la transmission du VIH de la mère à l’enfant. Nous avons mis en place, avec nos partenaires locaux en République démocratique du Congo et grâce à la contribution de nos coopérants volontaires, un programme de prévention de la transmission du VIH en dépistant les femmes atteintes. Ce projet a permis de rejoindre 30 000 femmes et de réduire le risque de transmission de 40 % à 2 %. »

 

D’autres projets nécessitent des moyens plus modestes qu’une vaste campagne de dépistage du VIH et, même si les résultats sont moins spectaculaires et à plus petite échelle, ils sont néanmoins déterminants pour ceux qui en profitent. « Par exemple, au Honduras, on a mis en place un projet de sécurité alimentaire qui cherchait à diversifier la production agricole et à introduire l’élevage, en particulier celui des poules. Un de nos coopérants a travaillé avec une famille de sept enfants afin de l’aider à cultiver des arbres fruitiers et à faire l’élevage de poules. Grâce à ces deux nouvelles productions agricoles, la famille a pu envoyer ses enfants à l’école. Aujourd’hui, la fille aînée est la première personne du village à avoir fréquenté l’université, où elle a obtenu son diplôme d’ingénieur. »

 

Pareille réussite aurait été impossible sans la contribution du coopérant, mais combien cela a-t-il coûté à Oxfam-Québec ? « Il me faut 100 dollars pour acheter les arbres fruitiers et les poulets et lancer un projet comme celui-là dans une famille. Il suffit parfois de peu pour faire beaucoup. »

 


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