Abbaye d'Oka: les appuis vont à la Famille Marie-Jeunesse

La Famille Marie-Jeunesse estime être en bonne position pour s'emparer du domaine de l'abbaye d'Oka. Cette communauté religieuse catholique des Cantons-de-l'Est, qui s'est toujours montrée «très intéressée» à faire l'acquisition du site ayant appartenu aux moines trappistes, a reçu plusieurs appuis.

Si les cisterciens, qui habitent aujourd'hui l'abbaye de Val-Notre-Dame, jugent que leur proposition «tient la route», d'autres intervenants de la communauté voient aussi d'un bon oeil qu'un groupe de jeunes religieux s'y installe, puisque cela permettrait de revenir à la vocation initiale, davantage sociale et tournée vers la communauté, des lieux. L'an dernier, la Famille Marie-Jeunesse a servi plus de 200 000 repas aux plus démunis de la région de Sherbrooke. Si elle prend possession des lieux, ce sont près d'une centaine de jeunes de 18 à 35 ans qui seront à pied d'oeuvre pour rendre service à la communauté.

«Si c'est nous, c'est évident que dans la mesure où nous sommes une communauté religieuse, notre proposition d'occupation des lieux serait parfaitement adaptée à l'abbaye. Il nous suffirait de nous transplanter d'un lieu à un autre. Il y aurait une continuité», a souligné le supérieur de la communauté, Nicolas Savard, en confirmant le grand intérêt de la Famille Marie-Jeunesse à déménager à Oka.

Il ne date d'ailleurs pas d'hier. «Notre intérêt est grand. Nous sommes une jeune communauté religieuse dans un monastère qui est trop petit. On a 59 chambres et nous sommes 90. Ça fait plusieurs années que nous tâchons de trouver une solution», a confirmé le père Savard. Une offre sérieuse avait été déposée en 2009 puis rejetée par la Corporation de l'abbaye d'Oka, l'actuel propriétaire de l'endroit. La rumeur veut que la communauté ait fait une offre «hostile» et misé trop bas. Cette fois, elle tente à nouveau sa chance et serait très bien appuyée dans son montage financier par des congrégations religieuses.

Le MDDEP intéressé aussi


Richard Rozon, le directeur du parc national d'Oka, reconnaît que la Famille Marie-Jeunesse serait à même de respecter les lieux sur le plan des valeurs. «Ce ne serait pas malheureux qu'ils soient là. Ils vont sûrement faire quelque chose de bien. Les terres privées qu'ils auront pourront peut-être être intégrées au parc, dit-il. Ils ont une sensibilité par rapport au milieu, ils veulent revenir à des valeurs d'antan, de protection de l'environnement.»

Il y a quelques années, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) avait démontré son intérêt pour l'acquisition des terres de l'abbaye zonées agricoles, qui pourraient valoir environ 1,5 million. Et il serait toujours intéressé. «On voulait développer des activités de randonnées pédestres, on voulait protéger le ruisseau, qui fait partie du bassin versant», a expliqué M. Rozon, qui siégeait au C.A. de la Corporation pour tenter de promouvoir cette idée, qui n'a jamais marché. La Corporation a estimé qu'elle pouvait encore gérer le domaine, qu'elle veut maintenant vendre à tout prix.

Le projet de centre de désintoxication de la Fondation du commandant Piché comporte aussi son lot d'attraits. Il véhicule aussi des valeurs sociales, comme la réinsertion, auxquelles les pères trappistes sont sensibles. Il comprend également des développements et investissements majeurs, ce qui pourrait avoir des retombées économiques sur la région. Contrairement à ce que la mairie d'Oka a laissé entendre, Richard Bonneau n'est pas lice pour l'achat du domaine de l'abbaye, mais plutôt pour la gestion de celui-ci et il n'aurait pas été rencontré par la Corporation de l'abbaye d'Oka.
6 commentaires
  • Fabien Nadeau - Abonné 28 janvier 2012 07 h 06

    Questionnement

    Pour moi, un catholique ayant pris ses distances avec la religion après des années de recherche et de cheminement, je crois que l'offre de la Famille Marie-Jeunesse n'a pas plus de valeur que celles des autres projets.

    Mais j'ai une interpellation, quand même. Autrefois, des communautés religieuses sont devenues très riches (et le son encore!) en profitant du travail bénévole de leurs membres astreints aux voeux de pauvreté, chasteté, obéissance. Les communautés, elles, n'avaient pas fait le voeu de pauvreté.

    La Famille Marie-Jeunesse me semble suivre ce modèle. C'est sûr que si tu as 90 jeunes qui travaillent à peu près gratuitement pour toi, en plus de centaines de sympathisants-fans qui abreuvent ton "oeuvre" de dons, tu peux te payer à long terme à peu près n'importe quel patrimoine.

    Je ne remets pas en question le travail de ceux qui donnent des repas aux démunis. Je remets en questions leur endoctrinement. Car c'est de cela qu'il s'agit.

  • Prevert - Inscrite 28 janvier 2012 11 h 22

    Danger !!!!!

    Endoctrinements........religions, tout ça à la même signification ie, impositions des idées......Il faut savoir si la tête de tout ça n'est pas simplement un profiteur prenant comme exemple les communautés religieuses....car les jeûnes en détresses sont des proies faciles.Attention danger.....et ce nest pas les exemples qui manquent dans notre société.

    Prévert

  • Jean Laflamme - Abonné 28 janvier 2012 12 h 06

    Pour la concertation entre la nature et la spiritualité

    Le MDDEP a monré de l'intérêt pour les terres de l'abbaye d'Oka. Une concertation avec la Famille Marie-Jeunesse m'apparaît souhaitable. Le MDDEP devrait préciser son intérêt pour labbaye et pour ses terres. La SEPAQ gère déjà la montagne d'Oka où des vestiges religieux ont été détruits. Elle gère aussi une partie du mont Saint-Bruno, où les biens des frères de Saint-Gabriel ont subi le même sort. Le collège des frères a démolli de même que tous les monument qu'ils avaient construits dans la montagne. Quant à leur ferme située en face du parc de conservation du mont Saint-Bruno, elle est semble-t-il entre bonnes mains, celles du ministère de l'agriculture. Pour sa part, le MDDEP ne semble pas intéressé à l'agiculture. Il désirerait même éliminer deux terres agricoles du Parc des ÎLes-de-Boucherville. Il avait pourtant innové dans le parc du mont Saint-Bruno en évitant d'y exproprier quelques résidences sur le bord du lac Seigneuriale. Il doit maintenant innover dans la gestion des terres agricoles, et continuer à le faire dans la cohabitation entre les humains et les autres êtres vivants de la montagne. La venue de maisons cossues tout près d'une zone très sensible du parc, dans le boisé des Hirondelles, devrait stimuler son imaginmation pour qu'il protège la continuité de la biodiversité entre le parc et le reste de la montagne. La SEPAQ semble plutôt vouloir multiplier ses revenues dans ce parc. Elle y a introduit un salon de thé dans un vieux moulin à eau, dont la roue avait été démolie dans les anées 70. Le MDDEP devrait rappeler à la SEPAQ que le parc du mont Saint-Bruno est un parc de conservation d'un milieu naturel unique en Montérégie. Il devrait lui demander de replacer cette mission dans son image de marketing.

    Jean Laflamme, Saint-Bruno-de-Montarville

  • parade21 - Abonné 28 janvier 2012 12 h 38

    La SÉPAQ? le meilleur joueur

    Je suis persuadé que le parc d'Oka (SÉPAQ) serait le meilleur joueur en lice, s'il revenait à la charge. Ce lieu pourrait devenir un merveilleux centre d'interprétation historique doublé d'un ajout à la vocation de loisirs-nature du parc d'Oka. À la condition que les naturistes (nudistes) qui ont élu, illégalement, domicile à l'extrémité est le la plage publique, ne tente pas de nous imposer leur religion inspirée d'Adam et Ève au paradis terrestre en remontant vers le nord.

    La Corporation, dans l’état actuel des choses, devrait revoir ses positions. Elle n’a plus l’embarras du choix. Privilégier la Sépaq, ce serait redonner un bien qui appartient, en fin de compte, à toute la communauté québécoise.

  • Roland Berger - Inscrit 28 janvier 2012 13 h 27

    Si transparence il y a

    Si la vente du domaine de l'abbaye se fait en toute transparence, il sera possible de voir si la Famille Marie-Jeunesse se retrouve propriétaire d'abord parce qu'il s'agit d'une communauté religieuse. Le Québec est encore profondément catholique. Il fait encore énormément confiance aux dirigeants de la religion qu'il ne pratique plus.
    Roland Berger