Drames familiaux: un comité sans les femmes?

Les organismes qui hébergent les femmes victimes de violence conjugale et leur viennent en aide se sentent écartés du comité d'experts sur les homicides intrafamiliaux, dont la création a été annoncée hier. Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale et la Fédération de ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec réclament une place autour de la table de ce comité qui doit formuler ses recommandations d'ici le printemps.

«C'est comme si on faisait fi de la sécurité des femmes», dit Nathalie Villeneuve, présidente du regroupement. Bien qu'elle juge l'initiative du ministre de la Santé, Yves Bolduc, louable, elle constate «qu'il n'y a pas de place pour parler des meurtres des femmes par leurs conjoints».

D'autant plus qu'en 2009 «il y a eu 15 homicides familiaux contre des femmes au Québec», ajoute Manon Monastesse, de la Fédération des ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec. «On demande d'en faire partie, puisque c'est notre expertise quotidienne», explique-t-elle.

Le comité sera dirigé par le chercheur à l'Université Laval Gilles Tremblay. Il sera entouré de membres du Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes, du Centre de recherche de l'Institut Philippe Pinel de Montréal, du Centre de recherche appliquée en intervention psychosociale, du Service régional Info-Santé et Info-Social et de sept représentants du ministère de la Santé et des Services sociaux.

«On n'a pas la volonté d'écarter qui que ce soit, répond Gilles Trembay, ce n'est pas une enquête publique, mais on va écouter les gens qui ont des choses à nous dire.» Il souhaite en arriver rapidement à des recommandations, car «chaque vie gagnée de plus est une vie importante». Selon lui, on pourra s'inspirer des interventions fructueuses en matière de suicide, qui depuis 10 ans ont fait reculer ce problème particulièrement vif au Québec.

Le ministère de la Santé n'écarte pas la possibilité que les organismes oeuvrant auprès des femmes soient consultés par le comité pour alimenter la réflexion.
1 commentaire
  • Céline A. Massicotte - Inscrite 19 octobre 2011 13 h 07

    D'accord avec M. Tremblay...

    Les meurtres familiaux (ou conjugaux) sont l'affaire des hommes, que ceux-ci aient eu précédemment ou pas des problèmes de violence conjugale. Les femmes sont les victimes, et donc en rien responsables. Celles qui ont survécu, comme Mme Gaston dans le cas Turcotte, peuvent faire part de leur vécu s'il y a eu violence conjugale avant, mais justement dans ce cas il semble qu'il n'y en ait pas eu. Au Québec, on a jeté à la poubelle le concept de crime passionnel, celui de violence conjugale devenant un fourre-tout au profit d'un certain discours féministe. Pourtant, le simple "bonsang" le démontre, le crime passionnel existe: un homme qui tue sa femme après 20 ans de mariage sans jamais avoir lever la main sur elle, selon les preuves et les témoignages, a commis un crime passionnel appelé parfois coup de folie: la violence conjugale qui aboutit au meurtre se fonde sur un travail de sape insidieux minant l'estime de soi de la victime, et souvent menant à son isolement, pour aboutir finalement à augmentation des violences physiques.

    Au Québec, il se commet chaque année environ 25 "drames" familiaux. On peut s'étonner qu'un comité d'experts ait été mis sur pied pour se pencher sur ce phénomène, très triste j'en conviens. Or, un autre phénomène beaucoup plus répandu, le décès de centaines de travailleurs (en majorité des hommes) chaque année, principalement dans l'INDUSTRIE DE LA CONSTRUCTION, tout aussi DRAMATIQUES, ne mérite aucune attention de l'État. Pour des raisons différentes dans les deux cas on ne parle pas de meurtres. Mais pour les hommes dont il est question, il n'y a jamais procès et donc 0 condamnation, sinon à des amandes ridicules. Les gouvernements se contentent de publicités sirupeuses comme quoi "ça ne devrait jamais arrivé". Déductions: la vie des hommes compte pour des prunes, n'est-ce là qu'une autre afffaire de $$$, d'électoralisme, ou les trois?