En bref - Robert Latimer va en appel

Vancouver — Robert Latimer, ce fermier de la Saskatchewan emprisonné pour le meurtre de sa fille gravement handicapée, en appelle de la décision de la Commission nationale des libérations conditionnelles, qui a refusé de le libérer en décembre dernier.

L'appel a été interjeté au nom de M. Latimer par l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique, qui croit qu'il ne représente pas un danger pour la société et que la Commission a enfreint ses propres règles en rejetant la libération conditionnelle de l'homme de 54 ans. L'objectif de la peine qui lui a été infligée était uniquement de dénoncer son crime, a commenté le porte-parole de l'Association, John Dixon, en entrevue. La Commission avait justifié sa décision en soulignant notamment l'absence de remords de Latimer. Mais Jason Gratl, l'avocat de l'association, a cité une décision de la Cour suprême du Canada relative à cette affaire, affirmant que les questions de réadaptation, de dissuasion et de protection n'avaient pas été invoquées dans la peine infligée à Latimer, seulement l'objectif de dénonciation. Or l'objectif de dénonciation, s'il joue un rôle dans le prononcé de la sentence, ne joue aucun rôle dans la décision d'accorder ou non une libération conditionnelle de jour, a soutenu l'avocat. Dans sa requête, il note que rien dans la preuve soumise à la Commission n'indique que Latimer risque de récidiver. Il souligne également que les jurés aux deux procès de Latimer ont recommandé qu'il soit libéré sous condition aussitôt que possible et que tous les agents des services correctionnels qui ont eu affaire à Latimer appuient sa libération.