La Journée des Patriotes indispose Alliance Québec

Le remplacement de la Fête de Dollard par la «Journée nationale des Patriotes», annoncé dimanche par le premier ministre Bernard Landry, a suscité maints commentaires.

Pendant que la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal y voyait une façon d'unir les Québécois, le groupe de pression anglophone Alliance Québec y percevait plutôt un moyen de diviser les Québécois.

À la radio anglaise de Radio-Canada, un professeur d'histoire au Collège Jean-de-Brébeuf, André Champagne, y a vu «de l'opportunisme politique», une façon de tenter de relancer l'élan nationaliste au Québec.

Dimanche dernier, le premier ministre Landry a annoncé que la Journée nationale des Patriotes serait célébrée le lundi précédant le 25 mai. Un décret en ce sens devrait être adopté cette semaine par le conseil des ministres.

Le président d'Alliance Québec, Brent Tyler, n'a pas mâché ses mots, affirmant qu'il s'agissait là «d'un appel à l'aspect ethnocentrique de notre histoire». Cela va contribuer à «créer un clivage au sein de la population québécoise», croit-il.

Tout au contraire, le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Robin Philpot, estime que ce changement unira les Québécois. La Journée nationale des Patriotes, selon lui, plaira aux Québécois qui n'appréciaient pas la reine Victoria comme à ceux qui n'appréciaient pas plus Dollard des Ormeaux. «Les gens peuvent s'identifier aux Patriotes, a-t-il lancé. Ces gens se battaient pour la démocratie, ils étaient inclusifs. C'est une façon de trouver une identité commune.»

Le professeur Champagne y a pour sa part vu de «l'opportunisme politique» de la part du gouvernement du Parti québécois. «Avec l'Action démocratique qui grimpe dans les sondages, avec le nationalisme en baisse et la popularité du Parti québécois aussi, M. Landry se devait de faire quelque chose», a-t-il commenté.

De son côté, le député de l'ADQ François Corriveau a manifesté presque de l'indifférence, affirmant que les Québécois se préoccupent davantage de santé et d'emploi que du nom officiel d'un congé.

Au Parti libéral du Québec, le critique constitutionnel Benoît Pelletier a noté que «ça n'aide certainement pas les liens entre le Québec et le reste du Canada».