Jean-François Gosselin cherche à sauver son parti politique

Jean-François Gosselin a vu tous les membres du conseil d’administration, sauf un, de son parti politique remettre leur démission ces derniers jours.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Jean-François Gosselin a vu tous les membres du conseil d’administration, sauf un, de son parti politique remettre leur démission ces derniers jours.

Ébranlé par la crise interne au sein de Québec 21, le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, a annoncé lundi qu’il mandatait un ancien bras droit de Régis Labeaume pour relancer son parti.

« Notre parti n’est pas mort, bien au contraire », a déclaré M. Gosselin lors d’une conférence de presse aux locaux du parti lundi après-midi.

Au cours des derniers jours, tous les membres du conseil d’administration sauf un (agent officiel compris) avaient démissionné en raison de divergences avec le chef.

Les tensions qui s’intensifiaient depuis plusieurs mois avaient notamment amené M. Gosselin à mandater un vérificateur indépendant pour s’assurer que les pratiques du Conseil ne contrevenaient pas à l’éthique.

Lundi, le chef de Québec 21 a dit vouloir tourner la page. Un nouveau conseil d’administration sera nommé et le parti vient de faire le plein de 200 nouveaux membres pour un total de 300, a-t-il souligné.

M. Gosselin assume toutefois une part de responsabilité dans la crise des derniers mois. « Nous avons tous notre part de responsabilité », a-t-il dit en insistant sur les problèmes de « communication » entre le parti et ses trois élus au conseil municipal.

Il n’est aucunement question de me défiler. Je n’ai et n’aurai aucun problème à me soumettre à un vote de confiance, si telle est la volonté des membres du parti.

Aux membres qui doutent encore de son leadership, le chef de Québec dit par contre être prêt à se soumettre à un vote de confiance. « Il n’est aucunement question de me défiler. Je n’ai et n’aurai aucun problème à me soumettre à un vote de confiance, si telle est la volonté des membres du parti. »

Ledit vote devra toutefois attendre parce que l’assemblée générale extraordinaire prévue pour le 16 avril sera reportée, a-t-il fait savoir.

Nouveau mandat pour M. Côté

Pour tourner la page de façon effective, le politicien a annoncé qu’il avait mandaté Richard Côté afin de constituer un nouveau conseil d’administration. M. Côté a été conseiller municipal pendant cinq mandats à la Ville de Québec, dont les deux derniers comme vice-président du comité exécutif aux côtés de Régis Labeaume (de 2007 à 2013).

On savait déjà qu’il avait été recruté en février comme conseiller spécial par Québec 21, mais il a fallu attendre jusqu’à lundi pour en savoir plus sur ses motivations. D’abord, M. Côté est formel : il n’a aucune intention de se présenter aux élections de 2021. Il réfute en outre l’idée qu’il soit revenu en politique « contre » Régis Labeaume.

« Pas du tout. Si j’avais été contre M. Labeaume, j’aurais mis ma face sur une pancarte », a-t-il dit en soulignant qu’il aimait le rôle de conseiller stratégique et la possibilité de transmettre à ses connaissances en politique municipale. « Les seuls mots que j’ai pour M. Labeaume, c’est que j’espère qu’il va combattre son cancer », a-t-il aussi déclaré.

L’ancien politicien concède par contre être en profond désaccord avec les politiques de son ancien chef dans deux dossiers : la centralisation des services municipaux vers un nombre réduit d’arrondissements et le projet de tramway.

En contact

Pourquoi s’être joint à Jean-François Gosselin ? « Il gagne à être connu », a-t-il dit en soulignant que son collègue « a un MBA, est parfaitement bilingue ». À ses yeux, M. Gosselin a progressé de façon « extraordinaire » depuis deux ans. « Ce sont des gens dynamiques qui travaillent bien, je me plais très bien dans mon rôle. »

M. Gosselin et lui étaient en contact depuis « plusieurs mois ». « On allait prendre un café, on parlait de politique », a-t-il raconté. Au sein de l’administration Labeaume, M. Côté s’était surtout illustré comme responsable des négociations avec les syndicats.