Le cannabis sera interdit dans les lieux publics de Québec

<p>Les contrevenants seront passibles d’amendes oscillant entre 150$ et 1000$.</p>
Photo: Scott Harms Getty Images

Les contrevenants seront passibles d’amendes oscillant entre 150$ et 1000$.

À l’instar de Saguenay et de Saint-Jean-sur-Richelieu, la Ville de Québec compte interdire la consommation de cannabis dans tous les lieux publics, incluant les parcs et les trottoirs.

« On pense que commencer prudemment, c’est la bonne chose à faire. On va s’ajuster, éventuellement », a déclaré le maire Régis Labeaume en conférence de presse aux côtés notamment du chef de police Robert Pigeon.

« La Ville de Québec adopte une approche plus restrictive, plus prudente dès le départ, quitte à réviser sa réglementation. »

Cette dernière est calquée sur celle s’appliquant à l’alcool, dont la consommation est déjà interdite dans les lieux publics. Elle s’appliquera dans la rue, sur les trottoirs et dans les parcs, incluant les plaines d’Abraham et la baie de Beauport, qui relèvent des autorités fédérales.

La loi québécoise sur le cannabis, qui doit entrer en vigueur le 17 octobre, prévoit les mêmes interdictions que celles qui s’appliquent au tabac (interdiction de fumer près des établissements de santé, des écoles, etc.).

Or, ces dernières semaines, des dizaines de municipalités ont présenté des réglementations interdisant aussi qu’on fume dans tous les lieux publics, comme c’est le cas pour l’alcool.

Des amendes de 150 $

Les contrevenants seront passibles d’amendes oscillant entre 150 $ et 1000 $.

La Ville entend être plus stricte dans un premier temps pour « permettre aux autorités d’évaluer les répercussions de la légalisation du cannabis sur son territoire », explique-t-on dans un sommaire décisionnel qui sera soumis au vote des élus lundi soir.

Québec se donne en outre un délai de dix-huit mois avant de réévaluer la réglementation. Un comité de suivi composé de membres de l’administration municipale et « de l’externe » sera responsable de l’évaluation.

Cette décision a été prise en dépit d’une mise en garde du directeur de santé publique de Québec, qui a plaidé la semaine dernière que de tels règlements étaient « non nécessaires » et pourraient avoir des effets « néfastes ».

Questionné là-dessus, le maire a rétorqué qu’il y avait là « une question de santé, mais aussi une question d’acceptabilité sociale ».

Du « puritanisme »

Du côté de l’opposition officielle à la Ville, chez Québec 21, on s’est dit parfaitement d’accord avec la position préconisée par l’administration Labeaume. Ce dernier trouve aussi très bonne l’idée de réévaluer le règlement pour éventuellement l’assouplir. « Je trouve que c’est une bonne initiative de commencer avec la ligne dure et de réévaluer au fur et à mesure », a déclaré le chef Jean-François Gosselin.

Seul le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, a pris position contre. « Soyons sérieux, les gens consomment déjà du cannabis dans les lieux publics. S’il fallait arrêter tous les gens qui vont au Festival d’été, il n’y aurait pas un chat. […] C’est une forme de puritanisme. »