Éducation : les examens du ministère jugés trop prenants

Le problème des examens du ministère touche les élèves du 2e cycle du primaire. « C’est une réalité nationale » selon la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalibrini.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le problème des examens du ministère touche les élèves du 2e cycle du primaire. « C’est une réalité nationale » selon la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalibrini.

Les épreuves du ministère imposées aux élèves du primaire sont beaucoup trop lourdes et les privent de temps d’apprentissage précieux, déplorent des syndicats d’enseignants dans le cadre des consultations régionales sur l’éducation.

« Depuis dix ans, ç'a pris des proportions. Les enfants sont en évaluation pendant pratiquement un mois », a fait valoir Brigitte Bilodeau du Syndicat de l’enseignement de la Chaudière. « En mathématiques, les enfants ont des épreuves sur plusieurs jours. À cela s’ajoutent les examens de lecture… Ça fait en sorte qu’en mai et juin, ils sont une grosse partie de leur temps en évaluation et on perd cette période-là pour consolider des apprentissages. »

Mme Bilodeau a tenu ces propos à l’occasion de la première journée des consultations régionales sur la réussite éducative lancées par le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx.

Le problème des examens du ministère touche les élèves du 2e cycle du primaire. « C’est une réalité nationale » selon la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalibrini. « On est à la course aux statistiques présentement », ajoute-t-elle en reprochant au ministère de privilégier les résultats au détriment de la réussite.

Une pléthore de sujets ont été abordés lors de la première journée. Un regroupement de CPE est venu réaffirmer son opposition à la maternelle 4 ans et il a été beaucoup question de la transition entre le CPE et l’école.

La question des élèves avec des difficultés d’apprentissage a aussi été soulevée à plusieurs reprises. Mme Bilodeau du Syndicat de l’enseignement a plaidé pour la création de classes adaptées mais le directeur de la Commission scolaire des découvreurs Alain Fortier a laissé entendre que des ajouts de fonds seuls ne suffiraient pas à adapter le milieu à ces besoins.

De l’accessibilité à la réussite

La tournée de consultations, qui fera le tour du Québec d’ici au 28 novembre, doit s’arrêter dans toutes les régions du Québec. Elle servira de pierre d’assise à une nouvelle politique sur la réussite éducative.

« C’est une réflexion collective qui arrive à un moment important pour notre système d’éducation », a déclaré le ministre lors de l’ouverture des travaux mardi matin. Le Québec « a relevé avec brio » le défi de l’accès pour tous à l’éducation et doit maintenant relever celui de la « réussite pour tous », a-t-il ajouté.

Lundi, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a critiqué le processus en dénonçant le fait qu’on ne donne pas suffisamment de temps aux intervenants pour faire leur présentation. Le regroupement syndical avait 10 minutes pour se faire entendre mardi matin.

Sans y référer explicitement, le ministre Proulx a concédé dans son discours d’ouverture que les arrêts dans chaque région étaient « bien courts » mais que les gens avaient « différents moyens de participer » en plus des consultations régionales via la consultation en ligne et la consultation nationale du 1er décembre.

Une dizaine d’organismes se sont fait entendre mardi matin. En après-midi, ce sera au tour des citoyens, parents et enseignants de se faire entendre dans le cadre d’ateliers. Ces derniers doivent toutefois s’inscrire à l’avance sur le site Internet du ministère pour pouvoir le faire.

Mercredi, jeudi et vendredi, la consultation se déplacera en Gaspésie et aux Îles de la Madeleine (les 12 et 13 octobre) et au Bas-Saint-Laurent (le 14).

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