Laval - Le covoiturage électrique à l'essai

La Société de transport de Laval (STL) et l'Agence métropolitaine de transport (AMT) ont lancé hier un projet-pilote de covoiturage qui permettra à 40 Lavallois de partager 10 voitures électriques pour faire le trajet entre leur domicile et une station de métro ou une gare de train de banlieue.

Cela faisait deux ans que la STL travaillait à ce projet. La STL et l'AMT feront l'acquisition de 10 Chevrolet Volt électriques et, à compter de l'automne prochain, elles les mettront à la disposition d'équipages composés de quatre participants qui effectueront, matin et soir, la navette entre leur lieu de résidence et les stationnements incitatifs des stations Cartier et Montmorency et de la gare Sainte-Dorothée. Ils disposeront d'une place de stationnement réservée dotée d'une borne de recharge.

Les participants au projet-pilote paieront un supplément de 29 $ au coût de leur titre de transport mensuel, soit un montant global de 142 $ qui correspond au titre de transport métropolitain TRAM 5. Chaque équipage comptera un conducteur désigné. «En reconnaissance de ses responsabilités de conducteur et de gardien de la voiture, le conducteur pourra utiliser, gratuitement, la Volt à des fins personnelles pour un kilométrage mensuel maximum de 200 kilomètres», a précisé Jean-Jacques Beldié, président de la STL.

Les partenaires du projet, Hydro-Québec et GM Canada, verseront respectivement 145 000 $ et 100 000 $ pour le projet. De leur côté, la STL et l'AMT devront se partager une facture de 450 000 $. Jean-Jacques Beldié évalue à 12 000 $ la part des frais d'exploitation annuels que devront assumer les deux organismes de transport.

D'autres projets

Lors d'une conférence de presse en présence du maire de Laval, Gilles Vaillancourt, hier matin, le ministre québécois des Transports, Sam Hamad, a indiqué que le projet de covoiturage correspondait aux initiatives que le gouvernement souhaitait voir réalisées dans le cadre de son plan d'électrification des transports. «Notre objectif, c'est que d'ici 2030 95 % des déplacements des citoyens dans les réseaux de transports en commun soient électrifiés», a-t-il dit.

Le président-directeur général de l'AMT, Joël Gauthier, signale que d'autres projets du même type pourraient voir le jour ailleurs dans la région métropolitaine. «On a eu des discussions avec d'autres partenaires. On est très ouverts à appuyer la démarche, a-t-il dit. Pour nous, l'électrification des transports est une priorité. On a déjà pris le virage et on a des ententes avec Hydro-Québec pour l'installation de bornes de recharge dans nos stationnements incitatifs. Mais s'il y a d'autres partenaires qui veulent embarquer dans un projet semblable, ça va nous faire plaisir de les accompagner.»

Le projet de covoiturage en véhicule électrique de Laval, qui a été baptisé Clic, compte pour l'instant trois équipages sur dix. Les participants ont été recrutés dans les stationnements incitatifs appartenant à l'AMT.
2 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 30 juin 2011 09 h 13

    Électrification des tondeuses

    Québec devrait annoncer sous peu un programme d'électrification des tondeuses. Une somme de 120 000 $ sera consacrée à ce programme, qui touchera 12 familles de Laval. Les familles participantes recevront une tondeuse rechargeable, équipée d'un moteur-lame, une toute nouvelle technologie dérivée du moteur-roue. Et on installera gratuitement une borne de recharge dans leur cabanon.

    Ridicule nous dira-t-on ? Mais est-ce vraiment pire que ce programme de Chevrolet Volt ? Faisons le calcul : le programme Clic va coûter 695 000 $ au départ, en plus de plusieurs milliers de dollars par année, tout ça pour le déplacement d'au plus 40 personnes. Pour ce même montant, on peut acheter un autobus articulé qui lui, va servir au déplacement d'environ 1000 personnes, sinon davantage.

    695 000 $ pour 40 personnes, ça fait au bas mot 17 375 $ par personne, pour du matériel roulant qui ne durera même pas 10 ans. Si on mettait la même somme pour 10 000 personnes (population moyenne desservie par une ligne d'autobus), soit 173 750 000 $ c'est plusieurs lignes d'autobus qu'on pourrait électrifier grâce à une technologie éprouvée, le trolleybus. Or, Laval a dit non au trolleybus, et à Montréal, le maire Tremblay fait semblant d'y penser, mais son niveau de crédibilité est très bas. Des lignes de trolleybus dureront beaucoup plus que 10 ans, et auront l'avantage d'enlever des moteurs diesel, fort polluants (en microparticules), ça se voit à la sortie des tuyaux d'échappement.

    Halte à ces coûteux et inutiles programmes d'électrification des voitures individuelles ! Ce n'est sûrement pas la meilleure route à suivre pour diminuer notre dépendance au pétrole et assainir l'air de nos villes. Le jour où on aura compris que le trolleybus et le tramway coûteront beaucoup moins cher par déplacement urbain pour arriver aux mêmes fins, on pourra enfin aller de l'avant.

  • Jean Richard - Abonné 30 juin 2011 09 h 20

    Et le covoiturage ?

    Rares sont les projets de covoiturage qui ont duré plus que quelques mois, voire quelques semaines. Même que récemment, on a fait passer de trois à deux le nombre d'occupants d'une voiture afin de lui permettre d'emprunter la voie réservée d'une autoroute. Les voitures à trois occupants étaient trop rares.

    Et on veut faire un projet fortement subventionné impliquant quatre occupants par voiture ? On rêve quoi ? Dans quelques mois, on réduira à deux le nombre d'équipiers par voiture, ce qui multipliera par deux la somme investie par personne. Grotesque !