Legault se dit prêt à financer ou fermer la fonderie Horne

« Soyons très clairs : s’il n’y a pas de plan déposé par l’entreprise pour réduire les émissions à un niveau qui est sécuritaire pour la population, on n’exclut pas de fermer l’entreprise », a dit François Legault mardi.
Photo: Francis Vachon Le Devoir « Soyons très clairs : s’il n’y a pas de plan déposé par l’entreprise pour réduire les émissions à un niveau qui est sécuritaire pour la population, on n’exclut pas de fermer l’entreprise », a dit François Legault mardi.

Le gouvernement du Québec pourrait aider financièrement la multinationale Glencore à réduire les émissions d’arsenic de sa fonderie de Rouyn-Noranda ou la fermer si l’entreprise ne s’engage pas à cesser d’exposer la population à ce cancérigène, a déclaré mardi le premier ministre François Legault.

Toutes les options sont sur la table, a expliqué M. Legault lors d’une conférence de presse tenue à Repentigny. « Soyons très clairs : s’il n’y a pas de plan déposé par l’entreprise pour réduire les émissions à un niveau qui est sécuritaire pour la population, on n’exclut pas de [la] fermer », a-t-il dit.

Du même souffle, le premier ministre a expliqué que les emplois de la fonderie Horne, qui produit du cuivre, pèsent lourd dans l’économie locale. « Il y a 650 emplois, des emplois payants qui amènent des retombées, a-t-il souligné. Est-ce qu’on peut donner une aide qui serait inférieure aux retombées, il y a une ouverture de ce côté. »

M. Legault n’a toutefois pas indiqué si les coûts en soins de santé engendrés par l’installation sont inclus dans son calcul.

« Si ces emplois mieux payés amènent des revenus additionnels nets au ministère des Finances, est-ce qu’on peut en remettre une partie ? […] Ce qui est important, c’est que le gouvernement du Québec et les Québécois soient gagnants là-dedans », a-t-il dit.

Le directeur national de la santé publique, Luc Boileau, est arrivé mardi à Rouyn-Noranda en prévision de la présentation mercredi de nouvelles informations sur la situation.

M. Legault a déclaré que des discussions sont en cours pour élaborer un plan de diminution des niveaux d’arsenic dans la ville, qui pouvaient atteindre jusqu’à 100 nanogrammes par mètre cube. La norme québécoise est de 3 ng / m3. « Je ne suis pas spécialiste en nanogrammes, a-t-il noté. Le docteur Boileau est là aujourd’hui ; lui, il connaît ça. Il va s’assurer que ce soit un niveau sécuritaire pour la santé des citoyens. »

Des investissements massifs nécessaires

 

Réduire les émissions d’arsenic de la fonderie Horne pourrait nécessiter d’importants investissements de la part de Glencore, une multinationale suisse qui a déclaré un bénéfice net de 5 milliards de dollars en 2021. « On parle de centaines de millions de dollars pour atteindre un niveau où la santé des citoyens n’est pas remise en question », a déclaré le premier ministre.

L’entreprise compte 20 lobbyistes inscrits au registre québécois. Un de leurs mandats fait état de démarches pour maintenir « l’autorisation ministérielle » de la fonderie de Rouyn-Noranda.

Ce même mandat évoque une assistance financière du gouvernement afin de pouvoir effectuer « les investissements requis pour moderniser une fonderie qui a 95 ans et qui joue un rôle capital dans l’approvisionnement pour la transition énergétique du Québec ». Les « sujets abordés » dans le cadre de ce mandat comprennent notamment « les critères d’émissions d’arsenic ».

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a accusé M. Legault d’avoir tardé à reconnaître le problème. « Aujourd’hui, alors que la pression monte, il évoque la fermeture de l’entreprise. Il a laissé la situation dégénérer pendant des années et à trois mois des élections, il lance en l’air des scénarios catastrophes. C’est pitoyable », a-t-il déclaré par communiqué.

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