La politique d’aménagement du territoire jugée inconciliable avec le troisième lien

Interrogés sur la conciliation entre la nouvelle politique d’aménagement du territoire et le troisième lien, le ministre Bonnardel est parti sans répondre et la ministre Laforest n’a pas voulu dire si le tunnel «cadrait avec sa politique».
Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Interrogés sur la conciliation entre la nouvelle politique d’aménagement du territoire et le troisième lien, le ministre Bonnardel est parti sans répondre et la ministre Laforest n’a pas voulu dire si le tunnel «cadrait avec sa politique».

Le gouvernement Legault n’a pas voulu dire mardi si son projet de tunnel Québec-Lévis était ou non en contradiction avec la nouvelle Politique nationale de l’architecture et de l’aménagement du territoire, dévoilée lundi.

Interpellé à ce sujet à son arrivée au Salon bleu, le ministre des Transports, François Bonnardel, est parti sans répondre.

Mais l’opposition est revenue à la charge durant la période de questions. « La politique souligne l’importance de la densification ; le ministre des Transports dit que c’est une mode. Elle parle de l’importance des transports en commun pendant que la CAQ ralentit le tramway [de Québec] tout en faisant avancer le troisième lien », a dénoncé la députée libérale de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols.

« Ce n’est un geste électoral, parce que l’aménagement du territoire, pour la CAQ, c’est comme l’environnement : ils [les caquistes] le tassent dès que ça ne fait pas leur affaire. »

Lundi, la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a dévoilé sa Politique nationale de l’architecture et de l’aménagement du territoire, qui insiste sur la nécessité de « limiter » l’étalement urbain. Or, le projet de tunnel entre Québec-Lévis est critiqué de toutes parts depuis son entrée en scène pour l’étalement qu’il risque de provoquer.

En réponse aux questions de l’opposition, la ministre Laforest a rétorqué mardi qu’elle était « très fière » de sa politique et des appuis qu’elle avait reçus, mais ce, sans parler du troisième lien. Quand le leader parlementaire libéral, André Fortin, l’a relancée sur le tunnel, elle n’a pas voulu dire s’il « cadrait avec sa politique ».

« Quand on parle d’étalement urbain, on dit toujours : est-ce que c’est de l’étalement urbain ou du développement régional ? […] Oui, on va continuer d’avoir des projets, mais nos projets seront mieux réfléchis. »

Plus tôt dans la journée, Québec solidaire avait aussi déploré les limites de la nouvelle politique dans un communiqué. « Ça fait quatre ans qu’on attend cette politique, et elle passe à côté du problème : la fiscalité municipale », a fait valoir le député d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc. Cette dernière, a-t-il ajouté, « est complètement désuète et […] incite les municipalités à faire de l’étalement urbain ».

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