Dubé se donne un an pour revenir au niveau prépandémique d’attente en chirurgie

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, 160 450 personnes patientent pour subir une chirurgie au Québec.
Jacques Nadeau Le Devoir Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, 160 450 personnes patientent pour subir une chirurgie au Québec.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, souhaite que le nombre de patients en attente d’une opération depuis plus d’un an passe de 20 000 à 3000 d’ici mai 2023, soit deux mois plus tard que prévu.

C’est ce qu’il a déclaré mercredi après avoir été interrogé à ce sujet par le député libéral de Nelligan, Monsef Derraji. Le ministre participait à l’étude des crédits, un exercice de reddition de comptes annuel qui permet d’évaluer les dépenses et le rendement des ministères.

M. Dubé a indiqué qu’en atteignant le nombre de 3000 interventions chirurgicales en attente depuis plus d’un an « d’ici un an » — donc « d’ici mai 2023 » —, le Québec reviendrait « au niveau prépandémique ». En juin, le gouvernement avait dit vouloir atteindre ce même niveau à compter de mars 2023. L’objectif avait été répété en avril par la sous-ministre adjointe au ministère de la Santé et des Services sociaux, Lucie Opatrny. C’est donc dire que les dernières vagues de la pandémie ont repoussé l’échéancier de deux mois.

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, 160 450 personnes patientent pour se faire opérer au Québec. Lors de l’étude des crédits, le ministre a indiqué que son « focus » demeurait sur les 20 000 opérations qui devaient être effectuées il y a plus d’un an.

« Je n’ai pas dit que les autres n’étaient pas importantes », a-t-il ensuite souligné. Le rattrapage des interventions en attente depuis moins d’un an (environ 140 000 actuellement) s’effectuera dans un deuxième temps, d’ici deux à trois ans, a-t-il estimé.

Christian Dubé a rappelé qu’avant la pandémie, 100 000 Québécois attendaient d’être opérés depuis moins d’un an. Lors de la mise à jour économique de novembre 2021, 800 millions de dollars ont été alloués au rattrapage en chirurgie, a-t-il aussi souligné. « On a les budgets pour le faire, a dit le ministre en commission parlementaire. Lorsqu’on aura le personnel nécessaire, on pourra accélérer. »

Près de 9000 employés sont toujours absents du réseau de la santé en raison de la COVID-19, mais il faudra aussi former plus de personnel, a dit le ministre. « La priorité, c’est que ce personnel-là vienne dans le réseau public. C’est pour ça qu’on a dit qu’on voulait être un employeur de choix, ce qui n’est pas le cas en ce moment. Il faut avoir des conditions gagnantes », a-t-il ajouté.

Le ministère de la Santé sait déjà qu’il ne réussira pas à combler le manque d’infirmières qu’avec « la formation, la diplomation et l’immigration ». Il manque en ce moment au moins 5340 infirmières, et il faudra en embaucher quelque 28 000 d’ici cinq ans, estime la sous-ministre adjointe à la gestion de la main-d’œuvre, Josée Doyon.

« On doit travailler sur des mesures de rechange — la télémédecine, les téléconsultations, toute la technologie qui peut nous permettre une meilleure utilisation des professionnels », a-t-elle expliqué.

QS dénonce le « fiasco » de la CAQ

Plus tôt, Québec solidaire avait dénoncé le « fiasco lamentable » de la Coalition avenir Québec en santé.

Le chef parlementaire du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, a rappelé les promesses brisées du gouvernement Legault lors de la période des questions. « Il a promis 90 minutes d’attente dans les urgences : échec. Il a promis un médecin par personne : échec. Il a promis d’économiser un milliard par année dans le salaire des médecins : échec. Il a promis de mettre fin au temps supplémentaire obligatoire : échec. Il a promis de mettre en place des ratios infirmière-patients : échec. »

Le porte-parole solidaire en matière de santé, Vincent Marissal, a renchéri en accusant François Legault de ne pas prendre ses responsabilités. « La réalité, c’est que ce gouvernement ne livre pas. Ils n’ont pas livré, et c’est soit la faute des autres, soit la faute de la pandémie », a-t-il souligné en point de presse à l’Assemblée nationale.

M. Marissal a aussi rappelé les paroles prononcées mardi par le premier ministre, selon lesquelles une moyenne de 17 heures d’attente sur civière dans les urgences était somme toute « comprenable ». « Est-ce que le premier ministre est en train de dire aux familles qui ont un proche sur une civière aux urgences, parfois deux, trois, quatre, cinq jours, qu’ils devraient comprendre ? » a-t-il demandé. « Non seulement je ne le comprends pas, mais je ne l’accepte pas. »

Le gouvernement Legault a présenté en mars dernier son plan de « rétablissement » du réseau de la santé, sans toutefois l’accompagner d’un échéancier précis.

Avec La Presse canadienne

 

Vers un nouveau programme de dépistage du VPH

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a annoncé lors de l’étude des crédits que Québec lancerait sous peu un programme de dépistage du cancer du col de l’utérus par détection du virus du papillome humain (VPH).

 

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a produit en janvier dernier un avis recommandant le début de ces tests dès l’âge de 25 ans et une reprise tous les cinq ans. Pour le moment, les Québécoises subissent un test PAP (cytologie) afin de dépister le cancer du col de l’utérus. Dans son avis, l’INESSS indique que le test VPH se compare favorablement au test PAP et que, de plus, il a l’avantage de pouvoir s’effectuer par autoprélèvement.

 

En entrevue à La Presse en mars dernier, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, avait fait allusion à ce nouveau programme. « Le test PAP, c’est dépassé », avait-il alors déclaré.



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