Shirley Dorismond devient la 76e députée de la CAQ dans Marie-Victorin

La domination caquiste au Salon bleu se confirme. L’équipe de François Legault a réussi à ajouter une 76e députée à son groupe parlementaire en Shirley Dorismond, qui a ravi la circonscription longueuilloise de Marie-Victorin, lundi, après un règne péquiste d’une quarantaine d’années.

Au moment où ces lignes étaient écrites, la Coalition avenir Québec (CAQ) obtenait 34,95 % des votes, devançant le Parti québécois (30,07 %), Québec solidaire (14,21 %), le Parti conservateur du Québec (10,4 %), le Parti libéral du Québec (6,93 %) et Climat Québec (1,9 %).

Les applaudissements de la trentaine de sympathisants de la candidate caquiste rassemblés dans le restaurant Milan Pizzeria ont fusé peu après 21 h 30.

Le chef de la CAQ, François Legault, s’est réjoui de voir les Longueuillois tourner le dos au PQ. « Ce soir, après avoir élu pendant 40 ans un député du PQ, les électeurs de Marie-Victorin ont décidé de mettre ça en arrière, de regarder vers l’avenir, d’envoyer la CAQ et Shirley à l’Assemblée nationale! » a-t-il déclaré, avant de vanter les qualités de l’« exceptionnelle » nouvelle députée de Marie-Victorin.

Le premier ministre décode dans la victoire électorale de lundi soir un vote de « confiance » pour le projet de redressement du réseau de la santé, pour le crédit d’impôt remboursable de 500 dollars annoncé lors du Budget, mais aussi une rebuffade pour les projets du Parti conservateur et de Québec solidaire, qui ont respectivement terminé aux quatrième et troisième rangs. « D’abord, [les gens] nous ont dit qu’ils nous faisaient confiance pour changer le réseau de la santé. Ils nous ont dit qu’ils nous faisaient confiance pour remettre de l’argent dans le portefeuille, pour combattre l’inflation. Ils nous ont dit une autre chose [et] c’est important de le dire : le peuple québécois n’aime pas les extrêmes, le peuple québécois veut du changement, mais il veut que ça se fasse dans l’ordre, de façon responsable… avec la CAQ », a fait valoir M. Legault, félicitant sa candidate : « Quelle campagne! Bravo Shirley… sans même attraper la COVID une fois! »

La candidate caquiste, Shirley Dorismond, a par la suite pris la parole sous les applaudissements enthousiastes de la trentaine de militants caquistes, et d’amis, qui l’attendait dans la pizzeria du boulevard Curé-Poirier. « Je passe à l’histoire dans Marie-Victorin, là où j’ai grandi », a déclaré l’ex-vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) devant une bannière bleue CAQ frappée du slogan « Faire plus. Faire mieux. » « J’ai choisi le bon véhicule, le gouvernement de François Legault », a-t-elle ajouté « fébrile », « honorée », tout en se décrivant comme « l’actrice du changement dans Marie-Victorin ».

Le ministre Christian Dubé (Santé) disait tout au long de la campagne avoir « besoin » de Mme Dorismond — une « femme de tête, une femme d’action », selon lui — « au gouvernement pour réaliser les changements qui s’imposent en santé ». Les électeurs de Marie-Victorin ont acquiescé à sa demande. « [Shirley] était déjà dans la famille de la CAQ, mais maintenant, de l’avoir avec nous, sur le terrain, pour continuer toute cette transformation-là de la santé […], pour moi, c’est un grand plaisir », a déclaré M. Dubé.

L’infirmière accédera-t-elle au Conseil des ministres ? « C’est toujours une décision du premier ministre », a répondu le ministre de la Santé.

En plus de Christian Dubé (Santé), les ministres Jean-François Roberge (Éducation), Nathalie Roy (Culture), Simon Jolin-Barrette (Justice), André Lamontagne (Agriculture) et Ian Lafrenière (Affaires autochtones) ont aussi fait un crochet par la Milan Pizzeria, qui était encerclée pour l’occasion par des dizaines de policiers et de protestataires. Legault, « pourriture », « en prison »! scandaient-ils lors de l’arrivée du VUS primoministériel.

Après le passage du premier ministre, des manifestants se sont amusés à descendre en flammes le restaurant de la Rive-Sud à l’aide de fausses critiques sur Google, faisant perdre des étoiles — et le moral — au personnel de l’établissement.

Le PQ mord la poussière

 

Pierre Nantel n’a finalement pas réussi à convaincre les électeurs de la région, qu’il a représentés pendant huit ans à la Chambre des communes, de voter pour le PQ.

Le chef, Paul St-Pierre Plamondon, s’est présenté somme toute satisfait devant les journalistes après l’officialisation de la défaite de son candidat lundi soir. « Il y a six mois, un résultat comme ce soir n’était pas pensable, et, dans six mois, les circonstances ne seront pas nécessairement aussi favorables au gouvernement », a-t-il prédit. Selon M. St-Pierre Plamondon, la confiance envers le gouvernement caquiste s’effrite peu à peu.

Pierre Nantel, qui souhaite se représenter pour le PQ dans Marie-Victorin en vue des élections générales, entrevoit lui aussi une issue différente. « Le gouvernement ne pourra pas se concentrer à déployer tous ses ministres à l’appui d’une candidate » lors des élections générales, a-t-il dit.

Marie-Victorin n’était plus représentée à l’Assemblée nationale depuis le départ de la députée Catherine Fournier, d’abord élue sous la bannière du PQ avant de devenir députée indépendante. L’élue a renoncé à son siège l’automne dernier pour briguer avec succès la mairie de Longueuil.

Longtemps pressenti comme candidat, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a plutôt choisi d’attendre les prochaines élections générales : il briguera alors les suffrages dans Bourget, sur l’île de Montréal.

Le caucus du PQ a fondu comme neige au soleil depuis le dernier scrutin national, en 2018. Il ne reste que 7 députés péquistes à l’Assemblée nationale, et 2 ont déjà confirmé qu’ils ne seraient pas sur la ligne de départ cet automne.

En 2018, Catherine Fournier l’avait emporté par à peine 700 voix sur la caquiste Martyne Prévost. En comparaison, l’ex-député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, ne l’a jamais emporté par moins de onze points de pourcentage.

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