La COVID-19 ne paralysera pas l’Assemblée nationale, soutient Jolin-Barrette

Simon Jolin-Barrette est le leader parlementaire à Québec.
Jacques Boissinot La Presse canadienne Simon Jolin-Barrette est le leader parlementaire à Québec.

Les retards accumulés cette semaine en raison des cas de COVID-19 à l’Assemblée nationale n’ankyloseront pas plus qu’il ne le faut les travaux législatifs, assure le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette. Le bâillon n’est « pas du tout » envisagé sur les projets de loi à l’étude, a-t-il dit mercredi.

Le ministre de la Coalition avenir Québec (CAQ) a tenu à rassurer les groupes d’opposition, qui émettaient en matinée des craintes sur le bon déroulement du processus parlementaire, à environ deux mois de la fin de la session.

« Pas du tout, pas du tout », a-t-il lancé en anglais lorsqu’interrogé sur ses intentions de faire appel à la procédure d’exception pour accélérer l’adoption de certains des 20 projets de loi gouvernementaux à l’étude. « Bien entendu, on doit s’ajuster », a convenu M. Jolin-Barrette, mais l’Assemblée nationale ne s’est pas déconfinée « trop vite », estime-t-il.

En date de mercredi, huit élus, dont le premier ministre, François Legault, étaient forcés de s’absenter des couloirs du parlement en raison de la COVID-19. Six d’entre eux sont des députés de la CAQ.

Après le ministre des Transports, François Bonnardel, et les députés d’arrière-ban Stéphanie Lachance, Lise Lavallée et Sébastien Schneeberger, la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, a elle aussi contracté le virus. « Dimanche dernier, ma fille a reçu un résultat positif à la COVID-19, a-t-elle écrit sur Twitter mercredi. J’ai pris soin d’elle depuis, et ressenti des symptômes lundi, confirmés par un test positif [mardi]. Je demeurerai donc isolée jusqu’à samedi, conformément aux consignes de la Santé publique. »

Le gouvernement s’est donné la directive de ne jamais envoyer le premier ministre et la vice-première ministre dans le même événement entre le printemps 2020 et l’automne 2021. M. Legault et Mme Guilbault ont également assuré une présence en alternance au Salon bleu pour la période des questions jusqu’en septembre dernier.

Les députés sont de plus en plus nombreux en chambre depuis la mi-mars. En raison d’une entente conclue entre les groupes parlementaires et les élus indépendants, l’Assemblée nationale peut siéger avec tous ses membres présents.

« On n’est pas une île »

Or, voilà, l’accumulation des cas de COVID-19 entre les murs du parlement québécois met en danger l’adoption de mesures législatives prioritaires, a affirmé mercredi la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade. « On n’est pas une île, à l’Assemblée nationale, hein. On est comme la population en général, on est touchés par ça », a-t-elle observé en mêlée de presse. « [Ça] renforce la nécessité d’avoir un gouvernement qui est à ses affaires, parce qu’il y a plein de projets de loi, peu de temps qui reste à la session. »

« Il va falloir qu’il priorise […] en conséquence », ajoute-t-elle.

En matière de santé et de services sociaux uniquement, les élus analysent quatre projets de loi gouvernementaux, dont la réforme de la Direction de la protection de la jeunesse et une mesure sur l’accès aux données médicales.

Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, reproche à la CAQ d’avoir procrastiné. « C’est comme quand tu es à l’école, que tu as un examen et que tu commences à étudier la veille. Que tu ne dors pas, que tu prends du café toute la nuit […] et que tu te dis : “Oh ! Je dois vraiment passer cet examen.” »

Devant la montée des cas, qui a notamment touché sa collègue députée Émilise Lessard-Therrien, le co-porte-parole solidaire Gabriel Nadeau-Dubois invite de son côté la Santé publique à se prononcer sur des procédures parlementaires de remplacement si elle le croit nécessaire.

Avec Alexandre Robillard

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