La hausse des dépenses de l’Assemblée nationale est «scandaleuse», dit Duhaime

Le chef du Parti conservateur du Québec croit que les parlementaires devraient faire marche arrière et geler leurs budgets.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef du Parti conservateur du Québec croit que les parlementaires devraient faire marche arrière et geler leurs budgets.

Les élus de l’Assemblée nationale devraient renoncer à une hausse « scandaleuse » de 25 millions de dollars de leur budget, a déclaré mardi le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime.

M. Duhaime a déploré que les députés aient approuvé cette augmentation de 17 %, qui a porté à 167,5 millions les fonds dont disposera l’institution parlementaire en 2022-2023.

Selon le chef du PCQ, cette décision cadre mal avec les sacrifices que la population doit faire pour encaisser les effets de l’inflation, qui fait grimper le prix de l’essence et de l’épicerie. « C’est scandaleux, on ne peut pas tolérer ça », a-t-il dit en entrevue.

Dans le contexte actuel, il estime que les députés de la Coalition avenir Québec, du Parti libéral, de Québec solidaire (QS) et du Parti québécois (PQ) n’auraient pas dû approuver cette hausse proposée au Bureau de l’Assemblée nationale (BAN), en février. « Au lieu de donner l’exemple, ils passent au buffet et augmentent tout de façon aussi exagérée, a dit M. Duhaime. C’est totalement inacceptable. »

Se réjouissant que ces informations aient été publiées dans Le Devoir, le chef conservateur, dont le parti n’est pas au BAN, croit que les élus devraient tout simplement geler le budget de l’Assemblée nationale.

« Si vous n’en aviez pas parlé, ce serait passé en douce, et on ne le saurait peut-être même pas, a-t-il dit. Parce que c’est sorti dans les médias, ils vont peut-être faire marche arrière, c’est comme s’ils venaient de se faire prendre la main dans le sac. »

Selon les informations disponibles, la hausse financera notamment les budgets de rémunération, alors que le personnel de l’Assemblée nationale doit passer de 756 à 822.

« Très élevé »

Même si sa formation a approuvé la décision, la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a déclaré que l’étude publique des crédits, qui aura lieu au cours des prochaines semaines, sera l’occasion de savoir pourquoi les dépenses de l’Assemblée nationale augmenteront l’an prochain presque trois plus vite que celles du ministère de la Santé, où la hausse prévue est de 6,3 % en 2022-2023.

« Le montant est très élevé, contient beaucoup d’éléments par rapport au maintien d’actifs, par rapport à la sécurité, puis je pense que c’est important que ces éléments-là soient considérés, a-t-elle déclaré lors d’un point de presse. Mais, par ailleurs, il y a encore plusieurs questions qui se posent. »

La députée de QS Ruba Ghazal a déclaré que la décision du BAN a été prise à l’unanimité. « Les questions qui pourraient subsister quant à cette augmentation pourront être abordées en toute transparence dans le cadre de l’étude des crédits », a-t-elle dit.

La députée du PQ Véronique Hivon a affirmé que la hausse doit financer notamment des ajustements salariaux et le maintien de l’édifice patrimonial de l’hôtel du parlement. « Le président de l’Assemblée nationale est le responsable du budget et il aura la tâche d’en expliquer le détail et de répondre aux questions lors de l’étude des crédits », a-t-elle souligné.

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