Le plan de «refondation» du système de santé n’impressionne pas les oppositions

La cheffe du PLQ, Dominique Anglade
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La cheffe du PLQ, Dominique Anglade

Les promesses du ministre de la Santé pour « un réseau plus humain et plus performant » n’ont pas impressionné les partis d’opposition, qui ont reproché mardi au gouvernement de récupérer ses « promesses brisées » et de lancer de la « poudre aux yeux ».

Le ministre Christian Dubé a présenté en matinée son plan pour mettre en œuvre les « changements nécessaires pour un réseau plus humain et plus performant », dans lequel il se donne trois ans pour redresser le réseau de la santé.

Déjà, les premières informations au sujet de ce plan avaient laissé, la semaine dernière, les partis d’opposition sur leur faim. Voilà que la version définitive du plan de match les déçoit à nouveau.

« La CAQ avait promis que chaque Québécois aurait accès à un médecin de famille. Aujourd’hui, si vous n’avez pas de médecin de famille chez vous, on vous dit que vous n’en aurez pas plus avec la CAQ. Non seulement c’est une promesse brisée, mais ils n’ont pas l’intention de revenir avec un plan qui va permettre ça », a notamment lancé la cheffe libérale, Dominique Anglade.

Son collègue Monsef Derraji a souligné la volonté du gouvernement de mettre en place un guichet d’accès à la première ligne. Il s’agit « d’un premier pas », a-t-il souligné. Mais « ils auraient dû le faire depuis longtemps : ça ne règle pas le problème du million de patients québécois qui attendent [d’avoir] un médecin de famille », a-t-il ajouté. Mme Anglade a quant à elle déclaré que « les recherches et la science » avaient démontré qu’il est « important pour un patient [d’avoir] accès de manière régulière à un médecin de famille ».

La crainte du privé

 

Chez Québec solidaire, Vincent Marissal s’est une fois de plus inquiété de la volonté de Québec de recourir davantage aux centres médicaux spécialisés, des cliniques privées qui réalisent des chirurgies d’un jour pour le compte du réseau public. « [Le ministre veut nous faire croire] que ça va coûter moins cher, parce que les patients vont arriver avec leur carte soleil et qu’ils ne verront pas la différence. Mais c’est faux. Les cliniques privées coûtent plus cher », a-t-il lancé.

« Puis, pendant ce temps-là, c’est un peu idiot parce que nos blocs opératoires dans nos hôpitaux sont sous-utilisés [parce] que les médecins qui devraient être dans le bloc opératoire de l’hôpital travaillent dans des cliniques privées. C’est la théorie des vases communicants. »

La volonté de la Coalition avenir Québec de mettre sur pied un guichet d’accès à la première ligne, inspiré d’un modèle implanté dans le Bas-Saint-Laurent, constitue, de l’avis de M. Marissal, « une volte-face spectaculaire ». « Ils ont fait campagne, en 2018, sur un médecin pour tout le monde. Finalement, ils ont abandonné ça il y a quelques jours à peine », a-t-il souligné.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a qualifié le plan de « poudre aux yeux ». « Ce n’est pas un plan du gouvernement, c’est un programme électoral, une publicité électorale, a-t-il déclaré. Ce n’est pas le guichet [d’accès à la première ligne], la clé, c’est : est-ce qu’il y a des professionnels pour prendre le patient, et surtout, est-ce qu’il y a des professionnels pour faire le suivi auprès des patients ? »

Il a dit attendre davantage de détails au sujet des changements à la rémunération des médecins. « Mais pour l’instant, de ce qu’on comprend, il n’y a pas grand-chose de chiffré », a-t-il rappelé. Comme ses collègues des autres partis, il s’est inquiété de l’embouteillage que risque de causer l’accumulation de projets de loi en santé d’ici la fin de la session parlementaire, en juin.

« C’est le symptôme d’un gouvernement qui, à la dernière minute, réalise que son bilan est mince dans plusieurs domaines. Et là on lance, un peu comme de la poudre, plein de projets de loi et plein d’initiatives », a-t-il affirmé.



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