Un député de Laval dit avoir été roué de coups par deux fumeurs de cannabis

Le député libéral de la circonscription de Vimont Jean Rousselle
Élections Québec Le député libéral de la circonscription de Vimont Jean Rousselle

Le député libéral Jean Rousselle a subi des coups et blessures, lundi, après avoir demandé à deux hommes de cesser de fumer du cannabis dans l’immeuble où se trouve son bureau de circonscription, à Laval.

M. Rousselle est intervenu, car il y avait « une odeur de pot incroyable » dans une cage d’escalier menant à son bureau. Selon le député, élu dans la circonscription de Vimont, ce genre de situation se répète depuis cinq ans, ce qui cause des désagréments à ses employés, qui se font régulièrement intimider.

« J’en ai vu un et je lui ai dit : “Ça te tente pas de t’en aller et d’arrêter de fumer ici” », a-t-il expliqué dans une entrevue téléphonique au Devoir.

Un autre homme, qu’il n’avait pas vu, a alors commencé à le rouer de coups à la tête. Son comparse a fait de même, a raconté le député, qui dit s’être fait asséner une quinzaine de coups à la tête et au visage.

« Ils ont commencé à me tapocher à coups de poing », a affirmé M. Rousselle, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique, en précisant qu’il a également riposté.

Ex-policier, il a su se protéger et résister aux tentatives de le projeter par terre. « Mes vieilles techniques de police, je ne les ai pas perdues », a-t-il expliqué.

Enquête en cours

 

Finalement, il a réussi à ouvrir la porte et les deux hommes ont pris la fuite, le laissant avec un nez contusionné qui a saigné « abondamment ».

« Ça a brassé pas mal », a-t-il expliqué en relatant l’incident qui n’a pas duré cinq minutes.

La police de Laval s’est déplacée sur les lieux, et M. Rousselle, qui ignore l’identité de ses agresseurs, affirme qu’il a porté plainte. Il a également contacté le propriétaire de l’immeuble, à qui il avait déjà demandé de régler le problème. « Ça fait cinq ans que ça dure, a-t-il dit. Je pense que le propriétaire semble avoir compris, mais ça a pris des coups sur un nez pour comprendre ça. »

Élu pour la première fois en 2012, le député, qui ne semblait pas trop ébranlé par sa mésaventure, n’a pas eu besoin de soins médicaux. « Je vais peut-être avoir des yeux de “racoon” demain », a-t-il dit en se demandant s’il aura des yeux au beurre noir lors de la période des questions, mardi, au Salon bleu.

M. Rousselle a profité de cette situation, lundi, pour interpeller la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, afin qu’elle prenne conscience que les problèmes de violence ne se limitent pas qu’à Montréal.

« La ministre devrait s’organiser pour qu’il y ait de l’argent pour la prévention, a-t-il dit. La prévention, ça ne règle pas tout du jour au lendemain, mais il n’y en a pas, d’argent, pour la prévention. »

Le gouvernement sous-estime les problèmes de violence à Laval, croit-il. « On pense que ça va à Montréal, ils ont fait un forum là, mais à Laval aussi il en faut un, il y a des particularités à la situation de Laval. »

Une porte-parole de la police de Laval, Stéphanie Beshara, a confirmé que des agents se sont déplacés en début d’après-midi à l’endroit où se trouve le bureau du député pour prendre sa déclaration au sujet de voies de fait.

« Les suspects fumaient dans le hall de l’édifice, et la victime leur a demandé de quitter, et les deux jeunes se sont approchés de la victime et lui ont donné quelques coups à la tête », a-t-elle déclaré.

Les enregistrements des caméras de surveillance seront examinés afin d’identifier les suspects, a indiqué la policière.

« Les suspects ont pris la fuite, mais l’enquête suit son cours », a-t-elle dit.

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