L’ex-président de l’AQAADI se lance en politique sous la bannière de Québec solidaire

Guillaume Cliche-Rivard ne nie pas qu’il a une adversaire de taille en la cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, députée de Saint-Henri–Sainte-Anne depuis 2015.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir Guillaume Cliche-Rivard ne nie pas qu’il a une adversaire de taille en la cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, députée de Saint-Henri–Sainte-Anne depuis 2015.

L’avocat en immigration Guillaume Cliche-Rivard sera candidat à l’investiture de Québec solidaire dans Saint-Henri–Sainte-Anne pour les élections provinciales de cet automne. L’ex-président de l’Association québécoise des avocats et avocates en immigration (AQAADI) dit vouloir faire le saut en politique pour « avoir des idées et un discours positifs » sur l’immigration.

« Parce que ça manque cruellement », a fait savoir Me Cliche-Rivard en entrevue au Devoir, en évoquant une série de problèmes, dont les longs délais d’attente pour les immigrants qui postulent par divers programmes. « Les dernières années ont été difficiles, autant pour les entreprises dans les secteurs en pénurie de main-d’œuvre que pour la population immigrante. […] C’est quand, la grande bonne nouvelle ? »

Mettre le ministère de l’Immigration « au premier plan »

En 2019, Me Cliche-Rivard avait tenu tête au ministre de l’Immigration d’alors, Simon Jolin-Barette, qui, prétendant que le Programme de l’expérience québécoise ne répondait pas aux besoins du marché du travail, avait annoncé la mise au rebut de près de 18 000 dossiers déjà déposés. L’AQAADI avait déposé une demande d’injonction contre le gouvernement Legault, qui avait finalement été forcé de reprendre le traitement des dossiers, jusqu’à ce que le projet de loi 9 soit adopté sous bâillon quelques mois plus tard.

Tout récemment, Me Cliche-Rivard a été l’avocat de l’AQAADI qui a déposé une poursuite contre Immigration Canada en raison des longs délais de traitement des dossiers des travailleurs qualifiés du Québec, qui sont actuellement de 28 mois, contre à peine 6 mois ailleurs au Canada.

L’avocat de 32 ans fait remarquer qu’au Québec, le ou la ministre de l’Immigration est toujours titulaire d’un autre important portefeuille. « Encore faut-il vouloir s’y intéresser et que ce soit un ministère qui ait de l’amour et qui soit au premier plan », dit-il. « Il va falloir que ce ministère-là, un peu comme au fédéral, ait les moyens de ses ambitions. Pour moi, il n’y a pas de raison pour qu’on limite et complique l’accès à la résidence pour des travailleurs francophones. »

Il se montre plutôt critique à l’endroit des choix qu’a faits le gouvernement de la CAQ. Il se demande notamment à quoi a servi le test des valeurs, une dépense inutile, puisque « 99 % le réussissent du premier coup », a-t-il illustré. Il croit aussi que le Québec gagnerait à davantage écouter le milieu des affaires et de la santé et des services sociaux pour déterminer les cibles. « C’est quoi, notre capacité d’intégration ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Pourquoi on n’a pas ce débat ? Moi, je pense qu’on est capables d’en avoir plus que ça. »

Une adversaire de taille

 

Guillaume Cliche-Rivard ne nie pas qu’il a une adversaire de taille en la cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, députée de Saint-Henri–Sainte-Anne depuis 2015. « C’est une femme brillante, et je ne serai jamais gêné de le dire. […] Il faut avoir du respect pour les autres qui décident, comme nous, de faire de la politique », a-t-il déclaré, en espérant une campagne dans le respect avec des « discussions constructives ».

Pour lui, il n’était d’ailleurs pas question de faire campagne dans une autre circonscription. « Il n’y avait pas d’autres options. C’est là où j’habite et où j’ai ouvert mon bureau, c’est là où je me suis ancré », explique le tout nouveau père de famille.

Outre la question de l’immigration, M. Cliche-Rivard dit vouloir mener plusieurs batailles pour l’accès au logement, un important problème dans Saint-Henri, et la sécurité publique, un dossier qui refait surface dans le Sud-Ouest. Il veut également trouver des moyens de lutter contre l’inflation, qui touche les plus vulnérables de la circonscription, et défendre l’accès aux garderies et aux soins de santé. « Dans mon travail d’avocat en immigration, ce que je fais, c’est porter la voix des plus vulnérables, la voix des sans voix. Et c’est exactement ce que je veux faire avec les citoyens de Saint-Henri–Sainte-Anne, je veux porter leur cause et les défendre. »

En plus des députés solidaires montréalais Ruba Ghazal et Andrés Fontecilla, le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a appuyé la candidature de l’avocat, « un défenseur acharné des droits de la personne, qui a mis sa crédibilité et son expérience au service des plus vulnérables ».

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