Un huis clos budgétaire éprouvant pour Claire Samson

La députée conservatrice a tenté une sortie non autorisée de l’événement, où elle aurait été avertie de ne pas fumer.
Jacques Boissinot La Presse canadienne La députée conservatrice a tenté une sortie non autorisée de l’événement, où elle aurait été avertie de ne pas fumer.

La députée conservatrice Claire Samson s’est frottée aux limites strictes du huis clos budgétaire, mardi, ce qui lui aurait notamment valu un rappel sur l’interdiction de fumer dans l’édifice où elle se trouvait avec des dizaines de journalistes et de politiciens réunis sous haute surveillance policière.

Mme Samson se trouvait dans une salle du Centre des congrès de Québec en compagnie du chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, et d’un attaché politique.

Ils avaient été autorisés à faire partie du huis clos budgétaire, un événement annuel qui permet de prendre connaissance du budget du gouvernement quelques heures avant son dévoilement public par le ministre des Finances, Eric Girard.

Des règles très strictes sont imposées aux personnes présentes pour éviter toute fuite. Les journalistes doivent se départir de leur téléphone, et l’accès à Internet est interdit par des policiers de la Sûreté du Québec, qui patrouillent dans les lieux en permanence.

Une odeur de cigarette

 

Une porte-parole du Centre des congrès a indiqué au Devoir que des employés avaient noté une odeur de cigarette, mardi, durant le huis clos.

« Il y avait quelqu’un qui a fumé dans une salle », a déclaré mercredi la directrice des communications, Ann Cantin, sans révéler l’identité de la personne ni la salle où ce constat a été fait.

Selon Mme Cantin, les représentants du Centre des congrès ont signalé la situation au ministère des Finances, qui louait ce local ainsi que d’autres à l’occasion de la présentation du budget de M. Girard.

« On n’a pas parlé à la personne, on a parlé à notre client », a-t-elle dit.

Selon les informations transmises au Devoir par le cabinet du ministre Girard, une fonctionnaire est intervenue vers midi auprès de Mme Samson.

De son côté, la députée du PCQ affirme qu’elle n’a pas fumé à l’intérieur de l’édifice, où la cigarette est interdite.

« Il n’y a personne qui est venu nous avertir de rien, a-t-elle assuré dans une entrevue au Devoir. Il n’y a personne qui pouvait dire qu’on avait fumé non plus. »

Mme Samson soutient que ni elle ni les personnes qui l’accompagnaient n’ont senti d’odeur de cigarette.

« Je suis fumeuse moi-même, alors l’odeur de cigarette, ça ne m’indispose pas, a-t-elle reconnu. Personne n’a passé la remarque dans la salle. »

Mme Samson se rappelle toutefois que deux employés du Centre des congrès l’ont avertie que l’équipement de ventilation passerait à la vitesse supérieure.

« Un monsieur et une madame du Centre des congrès sont venus nous voir pour nous dire qu’ils allaient augmenter la ventilation dans les salles et de ne pas nous surprendre. Personne n’est venu nous parler de cigarette », a soutenu la députée.

Mme Samson assure être sortie « trois ou quatre fois » pour fumer, notamment avec M. Duhaime, lui-même fumeur occasionnel.

Sortie ratée du huis clos

 

La journée de Mme Samson s’est également animée quand elle a souhaité quitter temporairement le huis clos le temps d’aller faire une déclaration à l’Assemblée nationale, malgré des règles strictes interdisant toute sortie avant le dépôt du budget par M. Girard.

« Je trouvais que ça n’avait pas d’allure », a-t-elle protesté en reconnaissant avoir été soumise aux mêmes règles que toutes les personnes présentes.

La députée conservatrice s’est toutefois heurtée aux mises en garde contre toute sortie qui pourrait compromettre des informations privilégiées.

« À un moment donné, il y avait comme 12 polices, ils ont paniqué parce que j’ai levé le ton », a-t-elle relaté.

Préférant finalement rester à l’intérieur pour rencontrer en fin de journée les journalistes confinés comme elle, Mme Samson a finalement renoncé à son projet de sortie.

« Quelqu’un est venu me voir pour me faire signer un papier pour que je puisse partir à 15 h 30, le moment prévu pour notre point de presse, comme quoi j’embarquais dans un autobus de la SQ et que je ne pouvais pas sortir de l’autobus, a-t-elle dit. J’ai dit : c’est niaiseux. Ils se sont énervés un peu, mais il ne s’est rien passé. »

En prenant la parole mardi devant les journalistes, dont ceux de l’équipe du Devoir, Mme Samson avait d’ailleurs donné une indication de la journée qu’elle avait passée sous haute surveillance.

« J’imagine que vous êtes fatigués ou tannés, je le sais pas. Moi, je suis les deux », avait-elle lancé d’entrée de jeu, avec M. Duhaime à ses côtés.

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