La classe moyenne aussi a droit à ses 500$, soutient la CAQ

François Legault a dit mercredi être en désaccord avec les groupes d’opposition qui croient que la CAQ aurait dû procéder de manière plus ciblée.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne François Legault a dit mercredi être en désaccord avec les groupes d’opposition qui croient que la CAQ aurait dû procéder de manière plus ciblée.

L’inflation fait des ravages, qu’une personne gagne 30 000 $ ou 90 000 $ par année, croit le premier ministre François Legault, qui a défendu mercredi la décision du gouvernenent d’offrir le même montant aux mieux nantis comme aux plus démunis.

« Trop souvent, on oublie la classe moyenne, a-t-il dit mercredi matin lors d’une mêlée de presse. Ce n’est pas vrai que les gens qui gagnent plus de 40 000 $ ou de 50 000 $ par année n’ont pas été affectés par l’inflation. »

Le Budget du Québec 2022-2023 déposé mardi prévoit des versements ponctuels à 6,4 millions de Québécois dont le salaire annuel atteint au plus 105 000 $. Selon l’élu caquiste, les groupes d’opposition font fausse route en affirmant qu’il aurait fallu procéder de manière plus ciblée.

« C’est rare qu’on voie les loyers, l’épicerie, l’essence augmenter de façon aussi importante. […] Que ça soit une infirmière qui gagne 85 000 $, un enseignant ou un député, je pense que ces personnes-là ont été affectées », a soulevé M. Legault.

D’après le Parti québécois, les ménages mieux nantis, pour qui les 500 $ du gouvernement sont peut-être moins utiles, devraient remettre les sommes à une œuvre de charité. Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a dit trouver « indécent » de verser « plus d’un milliard à des groupes qui n’ont pas de difficulté à boucler leur budget, alors que d’autres ont de la misère à trouver un toit ». Ses députés admissibles au chèque en feront don,a-t-ilannoncé en cours d’après-midi.

En échelonnant les crédits d’impôt et en fixant le seuil supérieur à 70 000 $ pour une personne seule, Québec pourrait libérer 1,4 milliard de dollars pour les « soins à domicile, [les] places pour nos tout-petits en CPE, [la] crise du logement », a calculé M. St-Pierre Plamondon.

[C’est] indécent [de verser] plus d’un milliard à des groupes qui n’ont pas de difficulté à boucler leur budget, alors que d’autres ont de la misère à trouver un toit

 

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, aurait, elle, priorisé des mesures ciblées, mais récurrentes. « Ce qu’on avait dit, c’était : on va cibler des populations qui sont plus vulnérables et plus dans le besoin, par exemple, nos aînés. Un 2000 $ pour des personnes de plus de 70 ans, non imposable. Même chose pour des familles qui n’ont pas accès à un service de garde aujourd’hui, et qui perdent de l’argent : 1700 $ par mois pendant une période de six mois », a-t-elle réitéré mercredi.

Des versements aux députés aussi

 

L’élue solidaire Ruba Ghazal croit qu’une bonne partie des députés auront accès à la compensation versée par le gouvernement, mais elle « n’en [a] pas besoin ».

Le député caquiste de Maskinongé, Simon Allaire, se sent, lui, victime de l’inflation. « Comme tout le monde », a-t-il lancé lorsqu’accosté par la presse dans les couloirs du parlement. « L’impact est différent » que celui qu’encaissent les familles à faible revenu, a-t-il dit, mais « il y a aussi un impact ».

François Legault prône le libre-choix quant aux chèques promis aux Québécois dans le budget de mardi. « J’espère que tous les gens aident les organismes qui sont dans le besoin, a-t-il commenté. Maintenant, c’est à chaque Québécois de décider ce qu’il fait avec cet argent-là. »

Avec La Presse canadienne



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