Legault fait miroiter les avantages du pouvoir dans Marie-Victorin

Le chef de la CAQ, François Legault, fait campagne avec la candidate Shirley Dorismond à Longueuil plus tôt en mars.
Photo: Jacques NadeauLe Devoir Le chef de la CAQ, François Legault, fait campagne avec la candidate Shirley Dorismond à Longueuil plus tôt en mars.

Le premier ministre François Legault a fait miroiter aux électeurs de la circonscription de Marie-Victorin les avantages d’élire un député du parti au pouvoir.

Dans une entrevue radiophonique diffusée mercredi, M. Legault a fait valoir la candidature de Shirley Dorismond, qui porte les couleurs de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour cette élection partielle.

« Quand on a un député qui vient du gouvernement, transmettre ses dossiers locaux auprès de ses collègues ministres, c’est beaucoup plus facile, a-t-il dit sur les ondes du FM 103,3. Quand on a une députée de la CAQ dans Marie-Victorin, c’est certain qu’elle va bien porter les dossiers de Marie-Victorin auprès du gouvernement de la CAQ. »

Cette déclaration a fait réagir le député péquiste Pascal Bérubé, qui a accusé M. Legault d’avoir tenu des propos discriminatoires lors de son entrevue à cette radio de Longueuil.

« Le premier ministre affirme en entrevue qu’il faut élire une 76e députée de la CAQ, car ce sera mieux pour l’avancement des dossiers des gens de Longueuil, a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Cet argument n’a pas sa place en démocratie. Pas de discrimination, s’il vous plaît. »

Dans un point de presse à l’Assemblée nationale, M. Bérubé a soutenu que M. Legault envoyait un très mauvais message. « Ça fait 15 ans que je suis ici, a-t-il rappelé. Très rarement quelqu’un a osé évoquer que voter du bon bord vous donnait un accès particulier. »

Plus de contacts

 

Après la période des questions, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a admis que les députés caquistes pouvaient avoir plus facilement accès aux ministres du gouvernement.

« On a plus de contacts avec les députés de la CAQ quand on a des caucus, de toute évidence, mais je serais surpris de trouver un député de l’opposition qui n’a pas eu accès à mon bureau », a-t-il assuré.

M. Fitzgibbon a voulu dissiper toute apparence de favoritisme dans le traitement des dossiers.

« L’accès est peut-être plus facile, mais je ne pense pas que le processus décisionnel, [le choix] des projets, est influencé par ça », a dit l’élu, en ajoutant ne pas être le ministre des circonscriptions de la CAQ.

De son côté, le cabinet de M. Legault a fait valoir que Pauline Marois, quand elle était première ministre du Québec, avait laissé entendre, en 2014, que la circonscription de Bonaventure obtenait le financement public d’un projet de cimenterie parce que ses électeurs avaient choisi un député péquiste, en 2012.

L’élection partielle dans Marie-Victorin a été déclenchée à la suite de la démission de la députée indépendante Catherine Fournier, qui avait été élue en 2018 sous la bannière péquiste.

La circonscription, où le scrutin se tiendra le 11 avril, est dans le giron du Parti québécois depuis des décennies. Le candidat péquiste est Pierre Nantel.

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