Le ministre Boulet veut des réponses quant aux préposés étrangers sans permis ni salaires

«J’ai demandé de façon urgente aux enquêteurs de la CNESST d’aller procéder aux analyses et vérifications qui s’imposent. […] Je veux qu’on aille au fond des choses le plus rapidement possible», a déclaré Jean Boulet.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «J’ai demandé de façon urgente aux enquêteurs de la CNESST d’aller procéder aux analyses et vérifications qui s’imposent. […] Je veux qu’on aille au fond des choses le plus rapidement possible», a déclaré Jean Boulet.

Le ministre du Travail, Jean Boulet, lance une nouvelle enquête en réaction à l’article du Devoir concernant des travailleurs temporaires qui ont travaillé des mois sans permis ni salaire dans une résidence privée de Lévis.

« Je trouve ça révoltant et inacceptable », a déclaré le ministre en entrevue jeudi matin. « J’ai demandé de façon urgente aux enquêteurs de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail [CNESST] d’aller procéder aux analyses et vérifications qui s’imposent. […] Je veux qu’on aille au fond des choses le plus rapidement possible. »

Le Devoir révélait jeudi qu’une résidence pour aînés de Lévis, la Villa Mon domaine, a fait l’objet d’une série de plaintes pour sa façon de traiter sa main-d’œuvre étrangère, notamment pour avoir fait travailler des gens pendant des mois sans permis ni salaire.

Le ministre Boulet a par ailleurs confirmé que la CNESST avait déjà été saisie d’une plainte dans ce dossier à l’automne. La plainte faisait état de rémunérations insuffisantes, de pratiques interdites, de harcèlement psychologique, de disparité dans les conditions de travail et de congédiement déguisé. Or, selon le ministre, le dossier avait été « fermé ».

Meilleur encadrement réclamé

 

Plus tôt, les partis d’opposition à l’Assemblée nationale avaient pressé le gouvernement d’agir dans ce dossier.

« La majorité des employeurs posent de bons gestes. Mais, dans certains cas, pour qu’il n’y ait pas de dérive, il faut que ce soit bien mieux encadré », a notamment affirmé la cheffe libérale, Dominique Anglade.

« Je présume qu’il y aura des enquêtes qui se feront, et je les appelle de tous mes vœux », a déclaré quant à lui le député solidaire Vincent Marissal. « On n’est plus dans un régime féodal où on peut faire venir du monde ici puis les faire travailler comme des esclaves. Ça n’a aucun sens. […] Il faut appeler la police, là, ou, en tout cas, il faut vérifier assurément s’il y a des lois qui ont été violées. Il faut protéger ces gens-là de façon urgente. »

Au Parti québécois, le député Joël Arseneau a dit que les faits rapportés étaient « inqualifiables ». « Le gouvernement ou le CISSS doit certainement enquêter sur la situation. »

 « Au courant des problèmes »

À cet égard, le Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches (CISSS) a dit jeudi qu’il était déjà « au courant des [problèmes vécus] dans cette ressource depuis l’été dernier ». Plusieurs « suivis » ont été réalisés et un « plan d’amélioration » a été déployé, a indiqué le CISSS dans une réponse écrite, en soulignant que les propriétaires avaient bien collaboré.

Il ne s’agit pas toutefois d’une enquête en bonne et due forme, signale le CISSS, qui n’a pas ce genre de pouvoir dans les résidences privées.

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