Place du privé en santé: QS compare la CAQ au Parti conservateur

«M. Dubé nous propose, ô surprise, encore plus de privé dans notre système de santé. La CAQ et le Parti conservateur, c’est la même chose : les deux veulent privatiser encore plus notre réseau de système de santé et renforcer le système de santé à deux vitesses», a déclaré Ruba Ghazal.
Valérian Mazataud Archives Le Devoir «M. Dubé nous propose, ô surprise, encore plus de privé dans notre système de santé. La CAQ et le Parti conservateur, c’est la même chose : les deux veulent privatiser encore plus notre réseau de système de santé et renforcer le système de santé à deux vitesses», a déclaré Ruba Ghazal.

Québec solidaire (QS) met le gouvernement Legault en garde contre la tentation d’imiter le Parti conservateur d’Éric Duhaime en ouvrant encore plus la porte au secteur privé dans les soins de santé.

La députée de QS Ruba Ghazal a déploré lundi l’intention exprimée récemment par le ministre de la Santé, Christian Dubé, à propos de son plan de « refondation » du réseau québécois.

« On avait peu de détails, mais là, le chat vient de sortir du sac, a-t-elle dit en conférence de presse. M. Dubé nous propose, ô surprise, encore plus de privé dans notre système de santé. La CAQ et le Parti conservateur, c’est la même chose : les deux veulent privatiser encore plus notre réseau de système de santé et renforcer le système de santé à deux vitesses. »

M. Dubé a l’intention de présenter au cours des prochaines semaines son projet de réforme, qui fait suite à ses observations durant la pandémie sur le fonctionnement du réseau, qui confie déjà certaines opérations chirurgicales à des cliniques privées.

« On serait fous de s’en passer »

Le cabinet du ministre a indiqué que cette option ne devrait pas limiter l’accès universel aux soins de santé.

« Ce n’est pas nouveau : il y a une grande demande pour les services en santé, et ça ne va aller qu’en augmentant avec le vieillissement de la population et les milliers de chirurgies en attente », a répondu lundi au Devoir la directrice des communications, Marjaurie Côté-Boileau, dans un courriel. « Si le privé peut nous permettre d’augmenter l’offre tout en conservant l’universalité des soins, on serait fous de s’en passer ! »

Selon le cabinet, le recours aux services contractuels de cliniques privées durant la pandémie a permis à « 85 000 Québécois » d’« avoir leur chirurgie plus rapidement ». « C’est du concret », a souligné la porte-parole.

En présentant lundi ses demandes en prévision du prochain budget du gouvernement, Mme Ghazal a invité le gouvernement à faire plutôt des investissements « majeurs » dans le réseau public de la santé. « Ce que le gouvernement est en train de nous annoncer, c’est de déshabiller le système public pour habiller le système privé, a-t-elle dit. Ça fait d’ailleurs partie des valeurs québécoises, le système de santé public. » Mme Ghazal n’a pas chiffré, lundi, la somme qu’il lui apparaît nécessaire d’injecter dans le réseau public.

Le programme du Parti conservateur du Québec de M. Duhaime est celui qui, jusqu’ici, ouvre le plus la porte au secteur privé en santé. Les citoyens pourraient choisir de souscrire une assurance maladie privée.

Crédits d’impôt

QS a élaboré ses demandes pour lutter contre l’inflation en prévision du prochain budget du 22 mars, qui sera présenté par le ministre des Finances, Eric Girard.

Mme Ghazal a proposé lundi de doubler pendant six mois les prestations du crédit d’impôt pour solidarité, dont bénéficient déjà 3,3 millions de personnes au Québec. « Ça va aider les familles à revenus modestes, les personnes seules, les aînés, a-t-elle dit. Face à l’inflation, on n’est pas tous égaux. » À cela QS demande au ministre Girard d’ajouter une somme de 500 $ destinée spécifiquement aux personnes de 65 ans et plus bénéficiant également de ce crédit.

Selon Mme Ghazal, ces majorations permettraient à une famille de deux parents et deux enfants d’obtenir jusqu’à 2340 $, tandis qu’une personne âgée vivant seule recevrait jusqu’à 2042 $.

La formation estime que ces bonifications du crédit coûteraient 1,5 milliard de dollars à l’État.

Tarifs d’électricité

Au chapitre tarifaire, QS a répété — tout comme les libéraux l’ont fait dimanche — sa demande d’un gel du côté d’Hydro-Québec. « Il faudrait geler les tarifs, là, tout de suite, a dit Mme Ghazal. Le gouvernement pourrait facilement le faire. »

QS souhaite également que le gouvernement fasse marche arrière et rétablisse les pouvoirs d’encadrement de la Régie de l’énergie sur les hausses de tarifs d’Hydro-Québec, qui sont maintenant appariées au taux d’inflation. « Ça fait mal aux familles, ça fait mal aux Québécois qui voient leur facture d’Hydro-Québec augmenter », a déclaré la députée.

Par ailleurs, Mme Ghazal n’a montré aucune ouverture à une réduction des taxes sur l’essence.



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