Le PLQ veut abolir la TVQ sur des produits «de première nécessité»

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, aux côtés de Marc Tanguay, porte-parole de l’opposition officielle en matiere d'économie et de ressources naturelles (à gauche) et de Carlos Leitão, porte-parole en matière de finances publiques (à droite) 
Photo: Valerian Mazataud Le Devoir La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, aux côtés de Marc Tanguay, porte-parole de l’opposition officielle en matiere d'économie et de ressources naturelles (à gauche) et de Carlos Leitão, porte-parole en matière de finances publiques (à droite) 

À quelque 200 jours du scrutin électoral, le Parti libéral du Québec (PLQ) propose d’abolir la TVQ sur des « produits de première nécessité », y compris l’électricité, une promesse destinée à freiner la hausse du coût de la vie.

La cheffe du parti, Dominique Anglade, s’est engagée dimanche à alléger le budget des Québécois par la promesse d’annuler la taxe québécoise de 9,975 % sur « le savon, le shampoing, les brosses à dents, les médicaments sans ordonnance », des biens qualifiés de « première nécessité ». L’exemption de la TVQ toucherait également la facture d’électricité « jusqu’à concurrence » de 4000 $. « Ça aurait un impact sur la capacité des Québécois à payer les montants », a plaidé Mme Anglade lors d’une conférence de presse.

« L’électricité aussi, c’est un produit de première nécessité. Ce n’est pas un luxe au Québec de se chauffer et d’avoir de l’électricité. Ça rejoint la même logique », a-t-elle fait valoir.

En tout, cette abolition de taxe laisserait derrière elle un trou de 1,5 milliard dans le Trésor québécois, selon les estimations du PLQ, qui croit qu’en contrepartie, chaque famille économiserait environ 500 $ par année.

Ce manque à gagner ne pèserait pas si lourd sur le budget national, a expliqué Carlos Leitão, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances publiques. « Par rapport au budget de mars 2021, les revenus de l’État sont à peu près à 10 milliards de plus que budgétés. […] L’effet de l’inflation sur le revenu de l’État, du moins lors de la première et deuxième année [du mandat de la CAQ], fait en sorte que les revenus sont beaucoup plus élevés. Il y a beaucoup de marge de manœuvre pour faire des choses comme ça. »

Le PLQ exige aussi un gel des tarifs d’hydroélectricité « jusqu’à ce qu’on revienne à un processus normal pour déterminer la croissance des tarifs d’électricité ».

Depuis 2019, les tarifs d’Hydro-Québec ne sont plus soumis à un examen annuel de la Régie de l’énergie. Ils s’alignent maintenant simplement sur l’inflation.

Dominique Anglade souhaite ainsi se distancier de « l’erreur historique » de la CAQ d’arrimer depuis 2019 la hausse des tarifs d’électricité à l’inflation. Elle considère qu’il faut « revenir » à une hausse annuelle déterminée de concert avec la Régie de l’énergie.

En janvier, le taux annuel d’inflation mesurée par la Banque du Canada à partir de l’indice des prix à la consommation s’est établi à 5,1 %, bien au-dessus de sa cible de 2 %. 

Mme Anglade a enjoint à l’actuel gouvernement d’intégrer cette proposition dans son prochain budget. Québec a déjà annoncé qu’il présentera son prochain budget le 22 mars et qu’il contiendra des mesures pour lutter contre la hausse des prix à la consommation.

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