Le Québec fera pression sur la Francophonie afin qu’elle dénonce l’invasion russe

L’OIF n’a toujours pas pris position dans le conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine, pourtant un membre observateur de l’organisation. Mme Girault qualifie ce silence d’«étonnant».
Graham Hughes La Presse canadienne L’OIF n’a toujours pas pris position dans le conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine, pourtant un membre observateur de l’organisation. Mme Girault qualifie ce silence d’«étonnant».

Le Québec entend faire pression sur l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) afin qu’elle dénonce l’invasion russe en Ukraine.

La ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault, s’est envolée samedi pour un séjour de près d’une semaine à Paris.

Elle a affirmé en entrevue à La Presse Canadienne qu’elle profitera de son passage à la Conférence ministérielle de la Francophonie pour condamner fermement l’invasion russe.

Une rencontre avec la secrétaire générale de l’OIF, Louise Mushikiwabo, est d’ailleurs inscrite à son agenda.

L’OIF n’a toujours pas pris position dans le conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine, pourtant un membre observateur de l’organisation. Mme Girault qualifie ce silence d’« étonnant ».

« Moi, je vais continuer à faire pression pour que l’organisation se positionne publiquement. Il faut qu’ils sortent, il faut qu’ils disent publiquement où ils se positionnent », a-t-elle déclaré.

« Je pense que Mme Mushikiwabo doit commencer à sentir de la pression des États membres (...) pour justement prendre position. C’est la seule organisation qui n’est pas sortie là », renchérit-elle.

La ministre affirme que des discussions ont déjà eu lieu entre son cabinet et celui de la secrétaire générale ; un projet de résolution est d’ailleurs en préparation à l’OIF, ce qui soulève l’espoir d’un consensus.

À l’heure actuelle, plusieurs pays africains n’oseraient pas critiquer la Russie. « C’est sûr qu’il y a toujours des intérêts commerciaux », reconnaît Mme Girault.

« Mais quels sont vraiment les intérêts qui poussent des pays à ne pas condamner des agissements d’une pareille horreur », se demande-t-elle.

L’invasion russe est « abominable », a-t-elle poursuivi. « C’est un non-respect total des droits de la personne. (...) Juste le bombardement d’une maternité, je veux dire, c’est inconcevable, s’est-elle indignée. On est en 2022. Qu’on ne soit pas capables de s’asseoir, de s’entendre, d’avoir une discussion diplomatique, quel que soit le niveau, c’est totalement inacceptable. »

Dans ce contexte, l’OIF doit se lever et assumer son rôle, estime-t-elle. « Ça enverrait un message clair additionnel que la situation actuelle n’est pas acceptable. [...] Ce serait un message très fort. »

Le Québec versera une aide supplémentaire

 

Par ailleurs, Mme Girault annonce que le gouvernement du Québec versera une aide supplémentaire aux organismes de coopération internationale qui soutiennent les Ukrainiens.

Le 1er mars dernier, le gouvernement avait consenti 150 000 $ à Médecins du monde Canada et 150 000 $ à la Croix-Rouge canadienne, division du Québec.

Ces organismes avaient été choisis en raison de leur présence sur le terrain, de leur neutralité et de leur capacité à fournir une aide de première nécessité aux communautés affectées.

« On va faire un deuxième envoi », a déclaré la ministre Girault vendredi, sans préciser toutefois à qui cette aide supplémentaire sera versée.

Rappelons qu’en février, l’Assemblée nationale avait dénoncé l’invasion russe en Ukraine. Les élus avaient adopté unanimement une motion de soutien envers les Ukrainiens.

Le gouvernement Legault a par la suite annoncé le retrait des produits russes à la Société des alcools du Québec et la mise en berne du drapeau ukrainien au parlement.

Le Québec s’est dit prêt à accueillir un nombre illimité de réfugiés ukrainiens.

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