Trois femmes désignées personnages historiques du Québec

De gauche à droite: Ludmilla Chiriaeff (Télé-Québec); Lawinonkie Marguerite Vincent (Parcs Canada, domaine public); Antonia Nantel (BANQ, Fonds La Presse, 644323)
Photomontage: Le Devoir De gauche à droite: Ludmilla Chiriaeff (Télé-Québec); Lawinonkie Marguerite Vincent (Parcs Canada, domaine public); Antonia Nantel (BANQ, Fonds La Presse, 644323)

Le Québec compte désormais trois nouveaux personnages historiques, trois femmes qui ont reçu cette désignation mardi, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

L’annonce en a été faite à Montréal par la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, qui n’a pas manqué de souligner la date du 8 mars à grands traits. « C’est l’occasion parfaite pour mettre en lumière la contribution de femmes remarquables à l’histoire du Québec. Des femmes qui ont enrichi notre culture grâce à leur talent, leur créativité et leur détermination. »

La désignation de personnage historique a ainsi été octroyée à la ballerine, chorégraphe et fondatrice des Grands Ballets canadiens, Ludmilla Chiriaeff.

De son côté, l’artisane Lawinonkie Marguerite Vincent, qui a créé un important atelier de confection à Wendake, vers 1830, devient la première femme autochtone à recevoir cette distinction.

Enfin, l’une des fondatrices de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), Antonia Nantel, est également désignée personnage historique. Le foyer Allegro de la Maison symphonique de Montréal devient d’ailleurs le foyer Antonia-Nantel.

« Alors qu’aucun orchestre de grande taille n’existait à Montréal, elle eut l’audace d’imaginer la création du premier orchestre symphonique professionnel francophone au Québec, qui mettrait non seulement les talents des musiciens en valeur, mais aussi des compositeurs d’ici », a déclaré l’ex-premier ministre Lucien Bouchard, aujourd’hui président du conseil d’administration de l’OSM.

Les sœurs Françoise et Hélène David, petites-filles d’Antonia Nantel, étaient ravies de cette reconnaissance accordée à leur grand-mère. « Très heureuse que des femmes aujourd’hui soient reconnues ainsi, y compris bien sûr notre grand-mère », a d’abord déclaré Françoise David.

« C’est probablement la première fois dans l’histoire qu’on appelle Antonia Nantel par son nom de jeune fille, comme on disait à l’époque, et non pas Mme Athanase David, parce que c’était toujours la femme du politicien, ministre, secrétaire de la province, à qui on a souvent attribué la fondation de l’OSM, alors que c’est sa femme de A à Z », a renchéri sa sœur Hélène.

Des avancées toujours fragiles

 

La ministre Roy a également désigné la fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin comme événement historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Sa collègue responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, a profité du moment pour rappeler l’importance de la lutte des femmes à travers l’histoire. « Profitons du 8 mars pour souligner ces avancées, mais aussi pour apprécier leur fragilité. On ne doit jamais baisser la garde. »

À ses côtés, la présidente du Conseil du statut de la femme, Me Louise Cordeau, a ajouté que le 8 mars, « c’est aussi le moment de se rappeler que nous avons tous et toutes un rôle à jouer à travers l’éducation de nos enfants pour bâtir une société plus équitable et égalitaire ».

Françoise David, qui fut présidente de la Fédération des femmes du Québec de 1994 à 2001, a dit croire que le plus important défi auquel font face les femmes, aujourd’hui, est « d’atteindre l’égalité dans l’intime. […] On regarde les féminicides, on regarde toutes les formes de violence faites aux femmes. Je pense qu’il va falloir s’occuper de l’intime, de ce qui se passe dans les relations entre les hommes et les femmes. On a des changements culturels à faire ».

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