Les électeurs de Marie-Victorin voteront le 11 avril

Le premier ministre François Legault présentait mardi sa candidate dans la circonscription, Shirley Dorismond.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le premier ministre François Legault présentait mardi sa candidate dans la circonscription, Shirley Dorismond.

Les électeurs de la circonscription de Marie-Victorin se choisiront un nouveau député le 11 avril prochain, soit trois semaines après avoir pris connaissance du budget du Québec 2022-2023, au moyen duquel le gouvernement caquiste promet de « remettre de l’argent dans le portefeuille des Québécois ».

Les contribuables frappés par la hausse de leurs frais de logement, d’épicerie et de transport retrouveraient un « montant qui est fixe pour tout le monde » dans le plan budgétaire qui sera dévoilé le 22 mars prochain, a laissé entendre François Legault lors d’une mêlée de presse mardi. « Au-delà de tous les programmes qu’on veut mettre en place, [les Québécois] ont besoin aussi d’avoir plus d’argent dans leur portefeuille », a-t-il souligné aux côtés de sa recrue Shirley Dorismond, qui brigue les suffrages dans Marie-Victorin.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) mise sur l’ex-vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec pour faire tomber ce « château fort » péquiste dans l’escarcelle de son parti. « Shirley, c’est un plus pour Marie-Victorin ! » a-t-il lancé dans le stationnement du local de campagne de la CAQ. « Mais, c’est un plus aussi pour l’ensemble du Québec », a-t-il poursuivi.

La « femme », l’« infirmière », « très spéciale », « extraordinaire », « forte », « proche du monde », qui « connaît bien les préoccupations des gens de Longueuil », serait par ailleurs « très utile » à la « refondation du réseau de la santé » dans les cartons de la CAQ, a fait valoir le premier ministre. L’ex-syndicaliste, qui s’est par moments sentie « impuissante » durant la pandémie de COVID-19, accueille le défi à bras ouverts. « Je ne suis pas une fille de bureau, moi », a-t-elle précisé après avoir fait du porte-à-porte en compagnie de M. Legault.

Quatre mois d’attente

C’est mardi avant-midi que le Conseil des ministres a décidé d’appeler les électeurs de Marie-Victorin aux urnes le 11 avril prochain, soit cinq mois après la démission de la députée d’abord péquiste, puis indépendante Catherine Fournier.

La « grande amélioration » dans le nombre d’hospitalisations liées à la COVID-19 « nous permet de déclencher cette élection », a affirmé M. Legault.

Le premier ministre dit avoir tardé avant de lancer le scrutin en raison « des personnes, pas toutes les personnes, mais des personnes qui étaient inquiètes des contacts, qui avaient peur d’attraper la COVID ». Interrogé par Le Devoir mardi, le ministère de la Santé et des Services sociaux a indiqué que « la Santé publique n’a pas émis d’avis spécifique en lien avec le déclenchement des élections ». D’ailleurs, des membres du gouvernement accompagnaient Shirley Dorismond dans son porte-à-porte depuis plusieurs jours déjà.

Le jour du scrutin, le masque ne fera vraisemblablement plus partie du quotidien des Québécois. Le passeport vaccinal, lui, aura déjà été laissé de côté depuis un mois. François Legault s’attend tout de même à ce que le vote du 11 avril ait l’allure d’une « évaluation de la gestion de la pandémie » de COVID-19 de la part des électeurs. Mais « c’est un test, d’abord, pour le Parti québécois », selon le premier ministre. Depuis sa création, en 1980, la circonscription du Vieux-Longueuil a toujours été représentée à l’Assemblée nationale par le parti fondé par René Lévesque, sauf en 1984 et 1985.

« Sentiment d’appartenance »

Le candidat du Parti québécois (PQ), Pierre Nantel, dit toujours ressentir un « sentiment d’appartenance » péquiste dans la circonscription de Marie-Victorin, dans laquelle il vit depuis 24 ans. « Le Parti québécois a un historique de réussite ici », a-t-il souligné en entrevue avec Le Devoir.

À Longueuil, « les gens sont réceptifs » à la fois au plan du PQ — en matière de langue, notamment — et au projet d’indépendance du Québec, malgré l’actualité pandémique et la hausse du coût de la vie, selon l’ex-député fédéral. « L’indépendance du Québec, c’est un projet que les gens chérissent et qui est rendu nécessaire », a indiqué M. Nantel. Le mois dernier, celui-ci était au coude-à-coude dans les intentions de vote avec Mme Dorismond, selon la firme Léger.

Devant la « machine » électorale assemblée par la CAQ pendant la période préélectorale, la candidate de Québec solidaire (QS), Shophika Vaithyanathasarma, dit avoir mobilisé une « machine de militants et de militantes » qui lui permettra de se faufiler en première place. « Je pense qu’on est capables d’accoter la machine [caquiste] et même de la surpasser », a-t-elle lancé après avoir été présentée par la co-porte-parole de QS, Manon Massé. « Un Québec indépendant, en matière d’environnement, en matière de logement, on peut faire de belles choses », a-t-elle ajouté aux abords du parc St. Mark recouvert de glace.

La candidate du Parti libéral du Québec, Émilie Nollet, promet pour sa part de promouvoir le projet d’axe de transport collectif est-ouest demandé par la mairesse Catherine Fournier, jusqu’ici en vain.

L’actrice Anne Casabonne, qui représente le Parti conservateur du Québec, et l’ex-cheffe du Bloc québécois Martine Ouellet, qui porte les couleurs du parti Climat Québec, sont aussi sur la ligne de départ.

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