Québec ne limite pas l’accueil de réfugiés ukrainiens

Le ministre Jean Boulet a dit ne pas savoir encore combien de réfugiés ukrainiens le Québec sera appelé à accueillir ou quand ceux-ci commenceront à arriver, ces questions relevant d’Ottawa.
Renaud Philippe Le Devoir Le ministre Jean Boulet a dit ne pas savoir encore combien de réfugiés ukrainiens le Québec sera appelé à accueillir ou quand ceux-ci commenceront à arriver, ces questions relevant d’Ottawa.

Le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Jean Boulet, a affirmé lundi à Montréal qu’il n’y a pas de limite au nombre de réfugiés ukrainiens que le Québec est prêt à accueillir, selon ses capacités.

M. Boulet était dans la métropole pour annoncer l’octroi de près de 5 millions de dollars à 14 organismes communautaires œuvrant à l’accueil, à l’intégration et à la francisation de nouveaux arrivants.

Le ministre a dit ne pas savoir encore combien de réfugiés ukrainiens le Québec sera appelé à accueillir ni quand ceux-ci commenceront à arriver, ces questions relevant d’Ottawa. Bien qu’il soit en contact avec son homologue fédéral, Sean Fraser, M. Boulet a expliqué qu’il est encore trop tôt pour connaître la réponse à ces questions.

« Pas de limite »

« On n’a pas d’estimation. J’en parlais avec M. Fraser. On n’a pas de limite. […] On va respecter notre capacité d’accueil, mais pour l’instant, quand j’étais dans des organismes, même à Montréal la semaine passée, ils sont prêts. On les attend », a-t-il dit.

Jeudi, Ottawa avait déjà annoncé quelques moyens de faciliter l’arrivée d’Ukrainiens au Canada, sans toutefois lever le visa qu’il leur faut obligatoirement avoir pour venir. Deux programmes seront créés : une « autorisation Canada-Ukraine pour le voyage d’urgence », offrant un refuge temporaire au pays, et une accélération du parrainage pour les Ukrainiens qui veulent rejoindre leur famille au pays de façon permanente.

Par contre, la mobilisation est en cours pour préparer cet accueil. Le ministre a expliqué que quelque 95 organismes sont sur un pied d’alerte et que le recrutement de personnes parlant l’ukrainien et le russe va bon train.

« On va les accueillir dans leur langue. On va leur donner les outils pour leur permettre de s’intégrer dans les meilleurs délais et on va surtout les recevoir en entrevue pour établir leurs besoins. »

Vendredi, lors d’une autre annonce visant à soutenir les familles immigrantes en matière d’accès aux services sociaux publics et communautaires de proximité, notamment en matière de protection de la jeunesse et d’aide aux jeunes en difficulté, le ministre avait déjà indiqué son intention d’agir pour faciliter l’obtention d’une carte d’assurance maladie, d’un permis de conduire, l’inscription des enfants à l’école ou dans les garderies, notamment pour les réfugiés ukrainiens.

Des réfugiés qui seront traumatisés

 

Jean Boulet a fait savoir que le premier objectif sera d’aider ces réfugiés ayant dû fuir la guerre qui ravage leur pays à s’adapter à leur nouvelle situation.

« Ce sont des personnes qui vont être affectées. Elles vivent la frayeur, elles vivent des circonstances qui sont particulièrement dramatiques. On voit, notamment par la voie des médias, les expériences humaines extrêmement traumatisantes pour plusieurs personnes. On va s’assurer de les accueillir convenablement, de manière digne et humaine », a plaidé le ministre.

Quant à l’annonce faite lundi dans l’est de Montréal, l’aide provient du volet 2 du Programme d’appui aux collectivités annoncé en octobre dernier.

Ce programme, qui s’adresse aux organismes à but non lucratif et aux coopératives qui œuvrent dans le domaine de l’intégration des nouveaux arrivants, est doté d’une enveloppe d’un peu plus de 23 millions de dollars, d’où sont tirés les quelque 5 millions annoncés lundi.

Le ministre a expliqué que les projets des organismes visent l’intervention directe non seulement auprès des immigrants, mais aussi auprès des institutions chargées de les accueillir. Il a pris l’exemple d’un projet implanté dans 13 régions où « ils font de la formation interculturelle. […] On informe et on forme. Qui ? Le réseau de la santé, le réseau de l’éducation, le monde communautaire, les entreprises, les citoyens à la réalité des personnes immigrantes ».

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