La SAQ cessera de vendre des alcools russes

Les succursales de la SAQ à travers le Québec vendent «une dizaine» de produits alcoolisés russes, selon le porte-parole de la société d’État Yann Langlais Plante. Étant donné leur nombre limité, ils ne sont commandés que ponctuellement.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les succursales de la SAQ à travers le Québec vendent «une dizaine» de produits alcoolisés russes, selon le porte-parole de la société d’État Yann Langlais Plante. Étant donné leur nombre limité, ils ne sont commandés que ponctuellement.

Pour contribuer à vider les réserves financières du Kremlin en pleine invasion de l’Ukraine, la Société des alcools du Québec (SAQ) retirera les alcools russes de ses tablettes.

Malgré ses pouvoirs économiques relativement limités sur la Russie, le gouvernement de François Legault souhaite faire tout ce qui est en son pouvoir pour affaiblir le régime du président Vladimir Poutine. Dans un gazouillis envoyé en après-midi, le ministre des Finances, Eric Girard, a confirmé avoir demandé à la société d’État d’ajuster son offre de vente « par solidarité pour le peuple ukrainien ». La SAQ a confirmé que les bouteilles seraient retirées graduellement dans les heures à venir.

En matinée, le premier ministre avait dit être « en train de regarder » cette possibilité. « On veut pénaliser au maximum [le président Vladimir] Poutine, puis la Russie », avait-il soulevé en marge d’un point de presse à Repentigny.

Jeudi, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a chiffré les exportations québécoises vers la Russie à 150 millions de dollars par année, et les importations à environ 500 millions. Selon François Legault, les « échanges commerciaux entre la Russie et le Québec, c’est quand même limité ».

Vendredi midi, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a exigé du ministre Girard qu’il mette fin à la vente des produits russes dans les sociétés d’État québécoises. Jusque-là, l’élu caquiste disait être en attente des « développements internationaux ».

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a de son côté ordonné en cours d’après-midi que cesse la vente des produits russes dans les succursales de la Liquor Control Board of Ontario — l’équivalent ontarien des SAQ. En matinée, le chef du Parti libéral de l’Ontario, Steven Del Duca, l’avait demandé dans un gazouillis. La Nouvelle-Écosse et le Manitoba ont aussi pris la décision de retirer des produits de leurs succursales de vente d’alcool vendredi.

Réfugiés ukrainiens

 

Les succursales de la SAQ à travers le Québec vendent « une dizaine » de produits alcoolisés russes, selon le porte-parole de la société d’État, Yann Langlais Plante. Étant donné leur nombre limité, ils ne sont commandés que ponctuellement.

Depuis l’attaque ordonnée par Vladimir Poutine en Ukraine, dans la nuit de mercredi à jeudi, plusieurs représentants du gouvernement Legault s’en sont remis au fédéral pour appliquer les principales sanctions envers Moscou. Ottawa a d’ailleurs annoncé jeudi et vendredi d’importantes sanctions économiques envers le président Poutine et plusieurs de ses plus proches alliés.

Le Parti libéral du Québec de Dominique Anglade a exigé du gouvernement Legault qu’il prenne ses responsabilités, vendredi. L’opposition officielle demande notamment que le ministre de l’Immigration « augmente la capacité de parrainage pour les Ukrainiens qui souhaitent accueillir des proches ».

Québec s’est déjà engagé à accueillir une part des réfugiés qui quitteront l’Ukraine en raison de l’attaque russe. Ottawa n’a toutefois pas déterminé combien de migrants seront accueillis. Vendredi, M. Legault a laissé entendre que son gouvernement acheminerait bientôt de l’aide financière humanitaire en Ukraine.

Le drapeau bleu et jaune du pays d’Europe de l’Est flottera sur une des tours du parlement de Québec d’ici samedi.

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