Legault «bluffe» à propos des pénalités aux non-vaccinés, dit Duhaime

«Il n’y a pas de fun au Québec, a dit Éric Duhaime aux journalistes. On a aboli le plaisir ici depuis trop longtemps. Il est temps de remettre le Québec sur la normalité des choses.»
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Il n’y a pas de fun au Québec, a dit Éric Duhaime aux journalistes. On a aboli le plaisir ici depuis trop longtemps. Il est temps de remettre le Québec sur la normalité des choses.»

La contribution financière qui pourrait être imposée aux non-vaccinés est un bluff du gouvernement Legault, a déclaré mercredi le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, qui réclame la levée de toutes les contraintes sanitaires le plus rapidement possible.

M. Duhaime a exprimé son opposition au projet de loi que le gouvernement veut déposer en février pour pénaliser les non-vaccinés en raison du poids qu’ils font peser sur le réseau de la santé, durement éprouvé depuis l’arrivée du variant Omicron.

Lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale, le chef conservateur a exprimé de sérieux doutes sur la résolution du premier ministre François Legault à aller de l’avant avec cette nouvelle contribution financière pour les non-vaccinés, brandie la semaine dernière.

« Je pense que le gouvernement bluffe, a-t-il dit. Je ne crois pas qu’il va y avoir un impôt vaccinal au Québec. Je pense que ce gouvernement-là est en train de mettre de la pression qui ne fonctionne de toute évidence pas, mais il est toujours en mode de vouloir se venger. »

Détails à venir

À l’Assemblée nationale, où il participe à une commission parlementaire, le ministre des Finances, Eric Girard, est resté vague sur la proposition du gouvernement, qu’il est responsable d’élaborer.

« Les détails seront donnés lorsque le projet de loi sera déposé, a-t-il dit aux journalistes. Je peux vous dire ce que ce ne sera pas : ce ne sera pas une mesure pour restreindre l’accès aux soins. »

Le député libéral Carlos Leitão, porte-parole en matière de finances, soutient que le gouvernement aura beaucoup d’obstacles devant lui s’il souhaite percevoir la nouvelle contribution par la déclaration de revenus, comme M. Legault l’a indiqué.

Éliminer les règles de confidentialité qui empêchent la Régie de l’assurance maladie du Québec de transmettre le statut vaccinal des contribuables à Revenu Québec est une tâche quasi impossible, martèle M. Leitão, lui-même ex-ministre des Finances.

« Vouloir y aller par le régime fiscal, à mon avis, c’est extrêmement complexe et ça prendrait beaucoup de temps », a-t-il dit avant la reprise des travaux en commission avec M. Girard.

Les libéraux affirment que le gouvernement aurait pu opter pour d’autres mesures avant d’imposer une contribution aux non-vaccinés.

Des appuis

Dans son point de presse, le chef conservateur Éric Duhaime a minimisé les résultats d’un sondage Léger-Le Journal de Montréal, publié mercredi, montrant que 61 % des répondants sont favorables à la contribution proposée par le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ).

« Ce n’est pas parce qu’il y a une majorité que ça ne dérange pas qu’on impose des taxes à d’autres individus, qu’on devrait nécessairement le faire », a répondu M. Duhaime.

Par ailleurs, Éric Duhaime a pressé le gouvernement québécois de suivre l’exemple de la Grande-Bretagne, qui a annoncé mercredi son intention de lever prochainement des contraintes sanitaires, dont le port du masque et le télétravail. Il a également fait référence à des événements sportifs qui se tiennent devant public aux États-Unis.

« Il va falloir que les Québécois comprennent que ce qui se passe au sud de nos frontières, ce qui se passe aujourd’hui en Angleterre, c’est peut-être la voie à suivre », a-t-il dit.

Selon M. Duhaime, Québec doit dès maintenant éliminer l’exigence du passeport vaccinal et rétablir la possibilité pour les restaurateurs d’accueillir des clients dans leurs salles à manger. Il croit également que l’Assemblée nationale devrait siéger au maximum de sa capacité lorsque les travaux parlementaires reprendront en février.

« Pas de fun »

D’autres restrictions pourraient être levées graduellement, soutient le chef conservateur, qui dit appuyer ses analyses sur les recommandations d’un comité scientifique formé de « cinq, six médecins » qui le conseillent.

« Il n’y a pas de fun au Québec, a-t-il dit aux journalistes. On a aboli le plaisir ici depuis trop longtemps. Il est temps de remettre le Québec sur la normalité des choses. »

Mardi, le ministère de la Santé du Québec a dévoilé un plan qui vise à empêcher le réseau québécois d’en arriver au point de rupture en raison des records d’hospitalisations causés par le très transmissible variant Omicron.

M. Duhaime n’est pas convaincu que les mesures sanitaires contribuent à réduire la surcharge dans les hôpitaux.

« Si les mesures sanitaires fonctionnaient, on le saurait, a-t-il dit. Si les mesures sanitaires étaient si efficaces que ça, on aurait le meilleur bilan, pas le pire. »

Le plus récent sondage Léger-Le Journal de Montréal montre une progression du Parti conservateur dans les intentions de vote. Selon M. Duhaime, sa formation profite de la polarisation du débat sur les mesures sanitaires.

« C’est clairement un débat entre la Coalition avenir Québec et le Parti conservateur du Québec », s’est-il réjoui.

Selon l’enquête d’opinion, réalisée la fin de semaine dernière, le PCQ a gagné six points de pourcentage, avec 11 % d’appuis, ce qui le place à égalité avec le Parti québécois.

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