Québec investit encore pour atteindre 25 000 éducatrices de plus d’ici 2026

Ce vaste plan de recrutement d’éducatrices dans les services de garde fait partie du plan de Québec pour y ouvrir 37 000 places.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Ce vaste plan de recrutement d’éducatrices dans les services de garde fait partie du plan de Québec pour y ouvrir 37 000 places.

Québec débloque encore d’autres millions de dollars pour requalifier ou recruter pas moins de 25 000 éducatrices à la petite enfance d’ici 2026.

Les ministres de la Famille, Mathieu Lacombe, et du Travail, Jean Boulet, espèrent en recruter 18 000 nouvelles, par divers incitatifs, et en requalifier 7000 qui peuvent par exemple être présentement dans le réseau sans avoir la pleine qualification requise.

Avec les fonds déjà annoncés en avril dernier pour la première cohorte d’étudiants qui ont amorcé une formation, c’est un total de 295 millions de dollars qui seront consacrés à différentes mesures. Quelque 550 personnes ont déjà amorcé cette formation en alternance travail-études.

C’est tout un train de mesures qui sont offertes : formation en alternance travail-études qui est rémunérée pendant cinq jours, possible reconnaissance des acquis, bourses par session d’études et primes pour les retraitées qui reviendraient au travail.

Ces dernières se verront offrir une prime de 6,6 % qui pourrait représenter 3000 $, a précisé le ministre Boulet.

Aussi, une personne sans emploi pourra toucher 475 $ par semaine pour amorcer son parcours de formation.

Dans le cas d’un étudiant qui suit sa formation collégiale de trois ans en Techniques d’éducation à l’enfance, il pourra toucher une bourse de 1500 $ par session à plein temps réussie, soit un total de 9000 $ pour les trois années.

Il faut vous envoyer du renfort, les éducatrices, et il faut aussi préparer la relève.

« Je sais qu’actuellement, ce n’est pas facile avec la COVID-19 dans les services de garde éducatifs. Tout le monde en a plein les bras. Dans nos services de garde, on a beaucoup de travail. On a promis, en plus de ça, d’offrir une place à chaque tout-petit. Il faut vous envoyer du renfort, les éducatrices, et il faut aussi préparer la relève », a résumé le ministre Lacombe.

Un plan plus global

Cette vaste offensive de recrutement d’éducatrices dans les services de garde fait partie du plan de Québec pour y ouvrir 37 000 places. D’ailleurs, lorsqu’il avait annoncé ce plan, c’était la question qui était sur toutes les lèvres : comment ouvrir autant de places alors qu’il y a déjà une pénurie d’éducatrices ?

L’entente pour le renouvellement des conventions collectives avec l’ensemble des organisations syndicales qui représentent les travailleuses dans les services de garde va certes contribuer à revaloriser ce métier, a souligné le ministre Lacombe.

Québec a du même souffle lancé une campagne publicitaire pour attirer les intéressés.

Bien reçu des syndicats

Les deux principales organisations syndicales qui représentent ces travailleuses ont bien reçu les mesures annoncées, tout en adressant des mises en garde quant à la volonté d’accélérer à tout prix la formation des éducatrices.

« Cela ne doit pas se faire en faisant un compromis sur la qualité de la formation offerte. En effet, nous insistons sur l’importance d’offrir une formation la plus complète qui soit, et, pour nous, la référence devrait être le Diplôme d’études collégiales », a affirmé la vice-présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Line Camerlain.

La centrale syndicale demande d’ailleurs de revenir rapidement au ratio de deux intervenantes formées sur trois à l’intérieur d’un CPE. Ce ratio a été abaissé temporairement à une intervenante sur trois, à cause de la pénurie de personnel.

Même son de cloche à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui affirme également que l’amélioration des conditions de travail dans les CPE, lors de la dernière négociation des conventions collectives, est « la meilleure carte de visite pour convaincre des gens de venir travailler dans le réseau des services de garde éducatifs », a soutenu la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, Lucie Longchamps.

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