Le SPVQ élargit son enquête interne à une troisième intervention

Parmi les cinq policiers du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) suspendus mardi pour les incidents sur Grande Allée, trois étaient également présents lors d’une interpellation musclée survenue plus tôt le même soir.
Photo: Francis Vachon (Archives) Le Devoir Parmi les cinq policiers du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) suspendus mardi pour les incidents sur Grande Allée, trois étaient également présents lors d’une interpellation musclée survenue plus tôt le même soir.

Le Service de police de la Ville de Québec a ajouté mercredi une troisième intervention de ses agents à une enquête interne portant déjà sur deux autres opérations controversées qui ont fait l’objet de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

L’agent aux communications du SPVQ Sandra Dion a confirmé cette décision d’élargir l’enquête interne à la suite de la diffusion d’une nouvelle vidéo, captée lors d’une intervention policière sur le territoire de Québec.

« Le vidéo dont on parle fait partie de l’enquête à l’heure actuelle », a dit la porte-parole.

La vidéo de 17 secondes montre un agent qui projette une personne contre une voiture de police. Aucune date n’est indiquée mais elle ne semble pas contemporaine à un événement survenu en fin de semaine, qui a mené le SPVQ à suspendre cinq de ses policiers.

Mme Dion a toutefois indiqué qu’un des agents apparaissant dans la plus récente vidéo fait partie des cinq qui ont été relevés de leurs fonctions.

« Je vous confirme qu’un des policiers qu’on voit sur cette vidéo c’est un des cinq qui ont été suspendus », a-t-elle dit.

Deuxième enquête demandée

 

En matinée, mercredi, la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault a demandé au Commissaire à la déontologie policière d’enquêter sur les agissements d’agents du SPVQ, pour une deuxième fois cette semaine.

Mme Guilbault a pris cette décision après la diffusion, mardi, d’une vidéo montrant une intervention des policiers du SPVQ dans un restaurant de l’arrondissement Sainte-Foy, vendredi dernier.

La ministre avait déjà, lundi, demandé au commissaire Marc-André Dowd d’enquêter sur une autre opération policière survenue également vendredi à côté d’une boîte de nuit de la Grande-Allée, Le Dagobert.

La vidéo de cette intervention a suscité la controverse en raison des méthodes utilisée par les agents pour maîtriser deux jeunes noirs.

 

Le SPVQ a annoncé mardi la suspension de cinq policiers impliqués dans l’opération du Dagobert. Trois d’entre eux avaient également participé quelques heures plus tôt à l’intervention musclée dans le restaurant au cours de laquelle ils ont maîtrisé un homme.

Dans un échange avec la presse parlementaire à l’Assemblée nationale, Mme Guilbault a affirmé qu’elle avait soumis cet autre dossier à M. Dowd.

« Ce matin je lui ai officiellement demandé de regarder la deuxième intervention aussi avec les mêmes objectifs et les mêmes modalités toujours dans le même mandat », a dit la ministre.

Mme Guilbault a reconnu que c’est la première fois qu’elle doit ordonner ce type d’enquête pour un même corps policier.

« C’est la première fois comme ministre de la Sécurité publique que je demande au Commissaire à la déontologie policière de le faire », a-t-elle confirmé.

Le commissaire décidera s’il y a lieu de citer un ou des policiers devant le Comité de déontologie policière, un tribunal administratif. Dans le cas contraire, M. Dowd devra faire un rapport à la ministre pour exposer de ses raisons.

Dans l’éventualité où des éléments criminels émergeraient de l’enquête du commissaire, il pourra également référer le dossier au Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Mme Guilbault a affirmé que, selon elle, ces questions doivent d’abord être examinées sous l’angle déontologique. Elle répondait ainsi aux critiques de l’opposition qui lui ont demandé d’utiliser le pouvoir dont elle dispose pour confier le dossier au Bureau des enquêtes indépendantes en raison notamment d’allégations de profilage racial lors de l’intervention du Dagobert.

La ministre a affirmé que toutes ces enquêtes serviront à déterminer si les procédures ont été respectées ou non.

« Ces images j’aurais préféré ne pas les voir mais il faut aussi se rappeler qu’on a juste un fragment de ces images, qui ont circulé sur les réseaux sociaux, a-t-elle dit. Or on a besoin d’avoir l’entièreté de l’information qui entoure ces deux interventions. »

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