Legault veut régler en 2022 la pénurie d’employés dans les services essentiels

Au total, 3,9 milliards doivent permettre de pouvoir combler 170 000 postes d’ici cinq ans en santé, en éducation, dans les services de garde, en génie, ainsi que dans la construction et les technologies de l’information.
Photo: Paul J. Richards Agence France-Presse Au total, 3,9 milliards doivent permettre de pouvoir combler 170 000 postes d’ici cinq ans en santé, en éducation, dans les services de garde, en génie, ainsi que dans la construction et les technologies de l’information.

Le premier ministre François Legault croit qu’il pourra pourvoir d’ici l’an prochain les postes vacants dans les services essentiels en santé, en éducation et dans les services de garde grâce à un vaste plan de formation et de requalification qui vise à contrer la pénurie de main-d’œuvre au Québec.

Le plan prévoit 85 mesures qui ciblent principalement six secteurs nommés la semaine dernière dans la mise à jour économique du ministre des Finances, Eric Girard. Au total, 3,9 milliards, dont 2,9 milliards annoncés par M. Girard, doivent permettre de pourvoir 170 000 postes d’ici cinq ans en santé, en éducation, dans les services de garde, en génie ainsi que dans la construction et les technologies de l’information.

Dans le secteur public, le but est d’intégrer 60 000 personnes qualifiées supplémentaires pour assurer les services à la population. M. Legault a affirmé qu’il souhaitait atteindre cet objectif dès l’année prochaine pour les services essentiels, soit pour des postes d’enseignant, d’infirmière, et d’éducatrice en services de garde. « Mon objectif, c’est que ce soit dans l’année qui vient qu’on soit capable de répondre à tous les domaines », a-t-il dit lors d’une conférence de presse. Dans les services de garde, M. Legault mise notamment sur une formation en alternance des éducatrices, qui travailleront une semaine sur deux et étudieront dans l’intervalle.

Pour le volet de son plan destiné au secteur privé, Québec espère ajouter au total 110 000 travailleurs dans les technologies de l’information, le génie et la construction. L’horizon du gouvernement de ce côté est plus éloigné, « sur un certain nombre d’années », a indiqué le premier ministre.

Gros bon sens

 

Un élément important du plan de M. Legault est la mise en place d’un programme de bourses totalisant 1,7 milliard au cours des cinq prochaines années. Il sera accessible à tous les étudiants qui s’inscriront dès l’automne prochain à un programme universitaire ou collégial menant à un emploi dans l’un des secteurs visés par le plan gouvernemental, sauf la construction.

L’objectif est de diplômer 36 000 personnes dans 34 professions dont celles d’enseignant, d’inhalothérapeute, d’ingénieur, d’infirmière clinicienne et de psychologue. Ces personnes pourront recevoir entre 9 000 $ et 20 000 $ par année durant leurs études, en plus des prêts et bourses existants.

M. Legault a reconnu que le gouvernement avait mis ce nouveau programme de bourse en place sans analyse d’efficacité préalable. « Il y a une question de gros bon sens », a-t-il dit.

M. Legault a reconnu que l’influence des bourses reste à déterminer. « Ça va en attirer combien ? Est-ce qu’il va falloir augmenter ces montants-là ? Est-ce que ces montants vont être trop élevés et qu’il faudra les ajuster ? À un moment donné, il faut être créatif. »

Le premier ministre a souligné que le gouvernement n’avait pas pu se référer à un programme comparable à ce qu’il a mis en place. « On est en train de construire quelque chose de nouveau, c’est difficile de faire une analyse précise, spécifique, chiffrée de quelles seront les retombées », a-t-il indiqué.

475 $ par semaine

En plus d’avoir précisé les objectifs de son plan visant à contrer la pénurie de main-d’œuvre, mardi, M. Legault a annoncé la mise en place d’une nouvelle allocation hebdomadaire pour les personnes sans emploi qui acceptent d’aller se former afin d’occuper un poste dans un de ces secteurs jugés stratégiques.

Le soutien du revenu accordé aux personnes sans emploi sera bonifié jusqu’à hauteur de 475 $ par semaine, à la condition qu’elles suivent une formation. Cette formation doit les mener à l’exercice d’un métier ou d’une profession ou leur permettre de développer des compétences générales conduisant finalement à un métier ou à une profession. Cette bonification temporaire sera en vigueur pendant trois ans.

« On va leur donner 475 $ par semaine, c’est l’équivalent du salaire minimum, pas pour aller travailler, mais pour étudier dans les secteurs où il y a une pénurie d’emploi », a-t-il dit.

Le ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet, a affirmé que ces sommes seront notamment versées aux chômeurs et prestataires d’aide sociale qui gagnent moins de 475 $ par semaine. « Ça va permettre au Québec de devenir une société apprenante où tout le mode aura la possibilité de se former ou de se requalifier pour répondre à des besoins de main-d’œuvre dans des secteurs stratégiques », a-t-il dit.

Par ailleurs, M. Legault a répété que le recours à l’immigration n’est pas la solution à la pénurie de main-d’œuvre. Selon lui, le Québec reçoit plus d’immigrants, en proportion, que les États-Unis et la France. De plus, l’intégration en français des immigrants est un défi supplémentaire. « On pense qu’à 50 000 par année, on a atteint la limite, pour l’instant, de la capacité d’intégration de notre société au Québec », a-t-il précisé.

 

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