Territoire de Montréal non cédé: les libéraux appuient le Canadien

Le Canadien de Montréal annonce désormais avant le début des matches que son organisation reconnaît la Nation mohawk pour son hospitalité sur son territoire traditionnel et non cédé.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le Canadien de Montréal annonce désormais avant le début des matches que son organisation reconnaît la Nation mohawk pour son hospitalité sur son territoire traditionnel et non cédé.

L’opposition officielle salue la décision du Canadien d’affirmer que Montréal est un territoire autochtone non cédé, mais le Parti québécois (PQ) est loin d’être d’accord.

Beaucoup d’historiens attestent que ce territoire n’a jamais appartenu aux Mohawks, mais selon la cheffe libérale, Dominique Anglade, c’est le message qui compte, même s’il pourrait y avoir des « faits à vérifier ».

Le Canadien de Montréal annonce désormais avant le début des matchs que l’organisation reconnaît la nation mohawk pour son hospitalité sur son territoire traditionnel et non cédé.

En conférence de presse à l’Assemblée nationale mardi matin, Dominique Anglade a salué l’initiative du Canadien, même si la recherche historique est loin d’être catégorique sur cette question.

« La véracité de tout ça est importante, mais le message aussi est important et doit être véhiculé. […] S’il y a des faits qui doivent être vérifiés, qu’ils les vérifient. »

« Les faits et la vérité importent », a riposté le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, en total désaccord, peu après en conférence de presse.

« J’ai été sidéré d’entendre Dominique Anglade, comme quoi il y a la vérité, mais il y a aussi le message, comme si la vérité était facultative. »

Paul St-Pierre Plamondon se demande également pourquoi une équipe sportive décide de se prononcer sur une question historique.

Le chef parlementaire de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, dit aussi laisser le débat aux historiens. Il ne veut pas « lancer la pierre » au Canadien, même s’il rappelle que c’est une entreprise qui songe d’abord à faire des profits quand elle se positionne.

« Tant que l’État québécois ne mettra pas au clair la question des droits ancestraux, des controverses comme celle-là vont se produire, où des entreprises privées vont s’avancer sur des enjeux qui sont super complexes. »

Controverse sur les langues

QS a par ailleurs voulu enterrer une controverse avec la nation huronne-wendate.

Il y a une dizaine de jours, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois avaient fait une conférence de presse à Wendake pour demander l’adoption d’une loi sur les langues autochtones afin de les protéger.

Le grand chef de la nation huronne-wendate, Rémy Vincent, avait dit que c’était un « grave manque de respect de QS de faire une annonce sans avertir la nation. Aucune consultation des Nations, alors que les langues sont de nos responsabilités ! »

M. Nadeau-Dubois a voulu tourner la page en faisant porter le blâme à sa collègue.

« Pour ce qui est des détails exactement, de quelle conversation avec quel individu, je vais vous référer à ma collègue Manon. […] Manon a eu l’occasion, dans les heures qui ont suivi l’annonce, de présenter ses excuses. »

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