Des États financent des cyberattaques contre le Québec, selon le ministre Caire

Le ministre Éric Caire a refusé d’indiquer de quels États il s’agit et a pris la peine de préciser qu’il devait être prudent.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre Éric Caire a refusé d’indiquer de quels États il s’agit et a pris la peine de préciser qu’il devait être prudent.

Des États financent et organisent des cyberattaques contre les systèmes informatiques du gouvernement du Québec. C’est ce qu’a indiqué vendredi le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire.

La question lui avait été posée dans le contexte des relations tendues du Canada avec la Chine.

« Il est clair qu’il y a dans le monde des groupes bien organisés, bien financés, de hackers, et que ces groupes sont organisés et financés par le biais d’États, et qui nous ciblent », a expliqué M. Caire.

Il a ajouté qu’il y a « plusieurs » États, mais a refusé d’indiquer de quels États il s’agit et a pris la peine de préciser qu’il devait être prudent.

« Je vais réfléchir à ma réponse, parce qu’elle a, vous comprendrez, des incidences », a-t-il laissé entendre.

M. Caire annonçait vendredi un dispositif de collaboration de l’État québécois avec des « hackers éthiques », en quelque sorte des « cyberpirates bienveillants », qui pourront signaler aux gestionnaires de réseaux de l’État des failles de sécurité dans leurs systèmes informatiques pour les corriger.

Banques de données territoriales

Des États pourraient ainsi être intéressés aux banques de données du gouvernement dans de multiples domaines, que ce soit les services de santé ou des données territoriales.

Des Chinois pourraient ainsi accaparer des terres au Québec, a donné en exemple le ministre, qui dit avoir aussi de nombreux autres exemples en tête.

Il n’y a pas beaucoup de raisons pour lesquelles un investisseur chinois peut sortir des capitaux de Chine, mais une des raisons permises, c’est l’acquisition de terres, a évoqué M. Caire.

« Il pourrait y avoir un intérêt pour disposer de renseignements privilégiés sur l’état de situation des terres au Québec, dans une politique d’accaparement des terres. »

Rappelons que des controverses sur l’accaparement des terres par des investisseurs chinois ont déjà fait la manchette. En 2016, un groupe chinois avait suspendu son projet d’achat de terres au Témiscamingue. Des entreprises chinoises ont investi des milliards de dollars au Québec, mais dans le domaine des ressources naturelles.

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