La Fondation Lionel-Groulx demande l’application de la loi 101 au cégep

«Tout se joue dans les années d’études postsecondaires, celles où les jeunes adultes choisissent leur domaine d’études, leur réseau social, puis naturellement leur intégration au marché du travail», explique la directrice générale de la Fondation Lionel-Groulx, Myriam D’Arcy.
Photo: Catherine Legault Archives Le Devoir «Tout se joue dans les années d’études postsecondaires, celles où les jeunes adultes choisissent leur domaine d’études, leur réseau social, puis naturellement leur intégration au marché du travail», explique la directrice générale de la Fondation Lionel-Groulx, Myriam D’Arcy.

Un autre organisme presse le ministre Simon Jolin-Barrette d’appliquer la loi 101 au cégep. Il s’agit de la Fondation Lionel-Groulx qui témoignera en commission parlementaire mardi. Sa voix s’ajoute ainsi à celle du sociologue Guy Rocher, de l’essayiste Frédéric Lacroix et de l’ex-député Pierre Curzi.

« Le cégep anglais est devenu vraiment un choix anglicisant », a fait valoir la directrice générale de la Fondation Lionel-Groulx, Myriam D’Arcy, en entrevue. « Tout se joue dans les années d’études postsecondaires, celles où les jeunes adultes choisissent leur domaine d’études, leur réseau social, puis naturellement leur intégration au marché du travail. » D’où l’importance, selon elle, de restreindre l’accès au cégep en anglais.

Dans le projet de loi 96, le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, propose plutôt de donner la priorité aux ayants droit anglophones tout en limitant la croissance des nouvelles places dans le réseau collégial à 8,7 %, soit le poids démographique des Québécois d’expression anglaise dans la population.

« C’est une mesure qu’on trouve bonne, mais qui ne va pas renverser la tendance contrairement à l’application de la loi 101 au collégial », a-t-elle réagi. Dans son mémoire, la fondation cite les statistiques de l’Institut de recherche sur le français en Amérique à l’effet que 19 % des francophones qui ont étudié en anglais au cégep s’attendent à travailler en français. Ce taux n’est que de 8 % chez les allophones qui ont pourtant fait leurs études primaire et secondaire en français avant d’obtenir un diplôme d’étude collégiale en anglais.

La Charte de la langue française, mieux connue sous l’appellation loi 101, restreint l’enseignement en anglais au primaire et au secondaire aux enfants dont l’un des deux parents a lui-même fréquenté l’école anglaise. Elle empêcherait ainsi les étudiants francophones de fréquenter un établissement collégial anglophone si elle était étendue.

La Fondation Lionel-Groulx préconise également l’application d’un moratoire sur le financement des projets d’expansion du Collège Dawson et de rénovation de l’hôpital Royal Victoria pour l’Université McGill. Elle estime que le gouvernement québécois devrait aussi tenter de rapatrier des pouvoirs en matière de culture et de communications pour lui permettre de mettre en valeur les œuvres des créateurs d’ici sur les plateformes de diffusion en ligne.

Les consultations en commission parlementaire sur le projet de loi 96 doivent se poursuivre jusqu’au 7 octobre. Le témoignage du Consortium des cégeps, collèges et universités d’expression anglaise du Québec est attendu le 5.

À voir en vidéo