Tensions à la veille des consultations publiques sur le projet de loi 96

La commission scolaire reprochait notamment au projet de loi de «récrire unilatéralement la constitution pour reconnaître le Québec comme une nation où la seule langue est le français».
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La commission scolaire reprochait notamment au projet de loi de «récrire unilatéralement la constitution pour reconnaître le Québec comme une nation où la seule langue est le français».

Le gouvernement Legault et la Commission scolaire English-Montreal (EMSB) se dénoncent mutuellement à la veille des auditions publiques sur le projet de loi 96 qui se veut une réforme tentaculaire de la loi 101.

Mercredi, le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, a fait adopter une motion condamnant les « propos méprisants à l’égard de la nation québécoise » soutenus par EMSB le 1er septembre dernier.

Il n’en fallait pas plus pour que le président de la commission scolaire sorte en point de presse et déclare que la motion constituait à son avis une « attaque » envers les anglophones du Québec.

Se disant « profondément déçu » par le gouvernement — et par le Parti libéral qui a appuyé la motion — Joe Ortona a suggéré qu’il était injuste de critiquer la résolution datant du 1er septembre puisqu’elle a depuis été modifiée.

« C’est encore un exemple d’une attaque contre nous, la commission scolaire, et contre la communauté anglophone », a déclaré M. Ortona lors d’un point de presse tenu mercredi sur la plateforme Zoom.

La semaine dernière, le premier ministre François Legault avait qualifié EMSB de groupe « radical ».

La commission scolaire reprochait notamment au projet de loi de « récrire unilatéralement la constitution pour reconnaître le Québec comme une nation où la seule langue est le français ».

« Le Québec n’est pas une “nation” », pouvait-on lire dans la résolution du 1er septembre.

« L’intelligentsia québécoise utilise délibérément le mot “nation” de manière à évoquer une réalité qui n’existe que dans son propre mirage. Le seul mot précis à utiliser pour définir la réalité du Québec est” province”. »

Le 14 septembre, EMSB a fait savoir par communiqué qu’elle avait biffé les passages sur la nation dans la résolution, mais qu’elle s’opposait toujours au projet de loi 96.

Elle plaide entre autres que l’utilisation de la clause nonobstant n’est pas nécessaire pour protéger et promouvoir la langue française au Québec.

La motion adoptée unanimement à l’Assemblée nationale mercredi, qui cible EMSB, dénonce également « toute forme de “Québec bashing” ou de québécophobie ».

« Critiquer un projet de loi en soi n’est pas du “Québec bashing”, s’est défendu M. Ortona. La loi ne fait pas l’unanimité partout au Québec […] et on doit être capable […] de débattre. »

« Ça ne fait pas de la minorité dissidente des anti-Québécois, des francophobes ou des participants du “Québec bashing” », a-t-il insisté. L’étude du projet de loi 96 débute la semaine prochaine.

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