Un débat sur le passeport vaccinal serait risqué, dit François Legault

La tenue d’un débat au Parlement sur le passeport vaccinal aurait pu donner une tribune à des groupes véhiculant de fausses informations, selon le premier ministre François Legault.

« Il faut aussi être prudent, ne pas faire exprès pour donner à des opposants des tribunes qui pourraient influencer la population en utilisant des arguments non fondés », a déclaré le premier ministre mercredi.

Ces derniers jours, des groupes comme la Ligue des droits et libertés ont manifesté des inquiétudes sur l’état de santé de la démocratie, alors que le gouvernement a décidé d’imposer le passeport vaccinal sans que cela soit d’abord débattu au Parlement. L’organisme a notamment déploré que cela n’ait pas été soumis, par exemple, à une commission parlementaire.

Or, selon M. Legault, cela n’était pas nécessaire en raison du « consensus » actuel sur le passeport.

« Je n’ai pas entendu clairement un parti d’opposition dire “je m’oppose au passeport” », a-t-il déclaré lors d’un point de presse dans un marché public de Québec. « Il y a un grand consensus sur la vaccination, sur le passeport. Je ne vois pas l’intérêt d’avoir un débat entre ceux qui sont pour et contre dans une commission parlementaire. On peut débattre de plein d’autres sujets, mais, concernant la vaccination, le passeport vaccinal, j’espère que tous les partis politiques vont se rallier. »

État d’urgence prolongé

Avec le variant Delta qui gagne du terrain, et qui est plus contagieux que ses prédécesseurs, le nombre d’infections à la COVID-19 a connu une hausse constante au Québec ces derniers jours. Le premier ministre s’attend d’ailleurs à ce que la hausse se poursuive au cours des prochaines semaines, tout comme le nombre d’hospitalisations.

La prudence du gouvernement s’arrimera donc à cette tendance. « C’est possible que les assouplissements qu’on pensait faire soient reportés », a-t-il reconnu mercredi, ne cachant pas sa volonté de privilégier la prudence, notamment en ce qui touche la levée prévue fin août de l’obligation de porter un masque dans les lieux publics, dans un contexte où le virus a recommencé à gagner du terrain malgré la popularité de la campagne de vaccination.

François Legault a en outre indiqué qu’il comptait prolonger l’état d’urgence sanitaire, qui lui permet depuis le début de la pandémie d’imposer ses décisions sans les soumettre au Parlement. « On pense qu’actuellement, l’état d’urgence doit être prolongé. On doit être capable, comme gouvernement, de se donner les pouvoirs pour garder les Québécois en sécurité. »

Au printemps dernier, le premier ministre avait évoqué la fin du mois d’août pour mettre fin à l’état d’urgence, quand une grande partie de la population serait doublement vaccinée. L’état d’urgence sanitaire, adopté en mars 2020 et constamment renouvelé par décrets, octroie au gouvernement toute une série de pouvoirs exceptionnels, dont celui de conclure des contrats de gré à gré, sans appel d’offres.

Avec La Presse canadienne

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